« Parents, mais presque… », une BD familiale

Parents, mais presque… est un one shot qui s’inscrit cependant dans le même univers que le premier album de Margot de Vigan, Frangines, et c’est comme ça ! On y retrouve en effet la même petite famille, à la différence que les deux petites filles, Ana (Nounette), l’aînée, et Lou (Loutie), la cadette, ont bien grandi ; ce qui amène de nouveaux défis pour Victor et Bonnie, leurs parents. Il s’agit donc d’une bande dessinée sur la vie de famille. Le lecteur découvre leurs relations et leur quotidien vus par les parents, qui aiment leurs enfants, bien qu’ils soient parfois débordés, envahis par le doute ou à bout de nerfs. Être parent, ce n’est pas toujours facile, et c’est à la fois source de joies et de moments assez déstabilisants, qui sont ici mis en scène avec humour, pour le plus grand plaisir des lecteurs. Cette dérision se retrouve partout dans le récit (autobiographique ?), notamment lorsque le chat partage ses pensées avec le lecteur ou qu’une des filles joue à aspirer, sans pour autant allumer l’aspirateur, au grand désespoir de sa mère.

Extrait 1 - Parents, mais presque...

Chaque page est l’occasion de découvrir une situation de la vie de tous les jours ou une anecdote amusantes susceptibles de faire sourire le lecteur ou la lectrice, à condition qu’il ou elle s’y reconnaisse. Agitation, disputes, mais aussi moments de tendresse (« MERCI maman !!! T’es trooop swag !! ») et de complicité, tout y passe. Les émotions ont une place importante (l’amour ou la colère, par exemple), mais aussi des choses plus terre-à-terre, comme la répartition des tâches ménagères, les petits conflits et les petites négociations et transgressions du quotidien. Les parents cherchent à avoir un peu de calme et d’espace pour eux, mais s’interrogent aussi sur la façon d’éduquer leurs enfants, sur les choix qu’ils font ou sur leurs aspirations personnelles.

Extrait 2 - Parents, mais presque...

Quant aux dessins, ils sont très colorés et énergiques. Ils s’étendent sur toute la largeur des pages, libérés des contraintes que peuvent imposer des cases, mais cela a pour conséquence qu’ils perdent parfois en clarté, faute de structure évidente. De la même façon, les dialogues sont souvent écrits en (très) grands caractères, dans des bulles colorées ; la lecture est par endroits désagréable tant ils s’imposent sur certaines pages. Néanmoins, pour gagner en lisibilité, chaque page est introduite par une sorte de titre ou d’intervention d’un narrateur invisible qui légende et accompagne les situations mises en scène. Si cette bande dessinée peut faire passer un bon moment, surtout à des parents qui s’y reconnaîtront possiblement, on regrettera le manque d’originalité d’une partie des planches. Un autre défaut de ce livre se situe dans le côté caricatural de cette famille où les enfants sont insolents et versatiles, les parents déboussolés, et où chacun semble continuellement déstabilisé. La caricature se poursuit jusque dans la façon de penser les personnages : l’homme ne participe pas aux tâches ménagères et son plus grand rêve est de posséder une voiture de luxe, les femmes sont prêtes à tout pour manger de la pâte à tartiner chocolatée en cachette, et ainsi de suite.

Margot de Vigan, Parents, mais presque…, Vents d’Ouest, 112 p., 18,50 €.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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