La paresse du panda, une aventure de Jeanne Picquigny

Apparue en 2003 sous le coup de crayon de Fred Bernard, Jeanne Picquigny est une exploratrice et aventurière originaire de Bourgogne dont l’histoire prend place durant l’entre-deux-guerres. Cousine éloignée de Corto Maltese, d’Indiana Jones et d’Adèle Blanc-Sec, elle parcourt le monde à la recherche de mystères dans des aventures qui ne sont pas sans rappeler la grande tradition des récits pulp de la première moitié du XXe siècle. Mais l’univers créé par Fred Bernard est loin de se limiter à la seule figure de l’héroïne aux cheveux bouclés : autour de celle-ci gravite une galaxie de personnages hauts en couleurs et aux noms farfelus, à commencer par Lily Love Peacok, la petite-fille de Jeanne que nous avons pu découvrir dans un album éponyme. Chanteuse dans un groupe de rock hippie, Lily n’a jamais connu sa grand-mère, mais elle est passionnée par le récit de ses aventures que lui raconte Victoire Goldfrapp, l’étrange vieillarde qui fut la nourrice des enfants de Jeanne et sur laquelle l’âge ne semble pas avoir de prise.

Arbre

Dans La paresse du panda, nous retrouvons Jeanne, son mari Eugène et le reste de leur bande piégés dans les chaînes de l’Himalaya après avoir découvert la fontaine de jouvence. Traqués par les nazis de la Société de Thulé, ils vont devoir survivre dans un environnement hostile et tenter de rejoindre la Chine. En parallèle des aventures de Jeanne, nous suivons sa petite-fille Lily en pleine crise existentielle, partie se ressourcer dans le manoir familial avec l’espoir de trouver l’inspiration pour son prochain album.

Shambala

Tantôt drôle, tantôt mélancolique, parfois érotique (et également assez cru, soyez avertis !), La paresse du panda semble, comme le suggère le titre, faire l’éloge d’une certaine lenteur : le récit, contemplatif, prend son temps pour avancer, et laisse la part belle aux dialogues et aux introspections des personnages. L’univers de Jeanne Picquigny reste mâtiné de pulp et de surnaturel mais, ici, c’est avant tout la psychologie de ses personnages qui intéresse Fred Bernard. Le lecteur ne doit donc pas s’attendre à découvrir ici un grand récit d’aventure plein de rebondissements, mais plutôt un moment dans la grande histoire d’un récit familial intergénérationnel. Du pulp, donc, mais aussi beaucoup de slice of life (avec des nazis, des créatures fantastiques et un peu de sorcellerie, certes) !

La paresse du panda. Une aventure de Jeanne Picquigny, de Fred Bernard, Casterman, 2016, 25€.

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Passionné de cinéma, de bandes dessinées en tout genre et de littérature de science-fiction, quand je n’alimente pas mon propre blog j’essaie de faire un peu d’histoire…

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