Le Père Noël est en avance chez Artus Films !

Noël approche et c’est la hotte pleine qu’Artus Films entame sa tournée. Préparez vos chaussons en bas des cheminées car ils ne seront pas trop d’une paire pour recevoir ces six classiques américains, dont trois films inédits. Petit compte-rendu de trois films notables.

  • Le Fils du Pendu – USA, 1948

Un film de Frank Borzage – Avec Dane Clark, Gail Russell, Ethel Barrymore, Rex Ingram, Lloyd Bridges

Scénario Charles F. Haas – Musique William Lava – Photographie John L. Russell – Montage Harry Keller – Décors John McCarthy Jr

À tout seigneur tout honneur ! L’immense Frank Borzage ouvre le bal. Inutile de le présenter, d’abord parce que ce serait trop long et surtout parce que ce nom doit parler à beaucoup de cinéphiles. Citons quelques chefs-d’œuvres comme The Mortal Storm, Trois camarades, Et demain…, trois films avec la sublime Margaret Sullavan.

En 1948, Frank Borzage en est pratiquement à la fin de sa carrière et signe pour le studio Republic Pictures un film noir à tendance mélodramatique dont il a le secret. Dès les cinq premières minutes, l’excellence de la mise en scène et la science du montage de ce cador du 7ème art nous emporte et nous livre un grand moment de cinéma. Certains critiqueront certaines invraisemblances mais il serait vraiment inutile de perdre son temps à critiquer un pareil film qui même imparfait reste un pur bijou d’intelligence.

Le destin tragique du personnage principal, remarquablement incarné par Dane Clark, est crédible dès le début du film en à peine trois plans. Un plan séquence qui suit des gens se dirigeant vers une potence, un corps qui tombe et l’ombre d’un jouet se balançant au-dessus du berceau d’un enfant. Trois plans pour raconter le destin d’un homme marqué par la faute de son père. Echec cuisant et totalement injustifié, réhabilité par cette édition Artus Films.

 

  • Les 5 Survivants – USA, 1951

Un film de Arch Oboler – Avec William Phipps, Susan Douglas Rubes, James Anderson, Charles Lampkin, Earl Lee

Scénario Barre Lyndon – Musique Hugo Friedhofer – Photographie Leo Tover – Montage Marjorie Fowler – Décors Eli Benneche

Les premières images du film font immédiatement penser à un film de zombies. Une femme erre seule sur une route déserte : silhouette fantomatique, démarche zombiesque et paysage apocalyptique. 20 ans avant Romero, quelques années avant The world ended de Roger Corman et bon nombre de films post-apocalyptiques, Arch Obler devance tout le monde pour nous livrer sa vision à lui d’un cataclysme nucléaire.

Passé les premières images et les squelettes dignes d’un laboratoire de biologie qui parsèment les villes désertiques, on se retrouve dans un huis clos à ciel ouvert entre 5 personnes obligées de cohabiter dans ce monde. Cette production fauchée oblige le réalisateur à se servir de sa propre maison, à tourner dans des décors réels et a engager des acteurs de second plan. Des partis pris de réalisation qui attireront l’attention de François Truffaut, alors jeune critique aux Cahiers du cinéma : « Film d’une grande probité, d‘une sincérité égale, et d’une naïveté authentique ». (In « Terre année zéro », Cahiers du Cinéma n°25 – Juillet 1953)

  • Le carnaval des âmes – USA, 1953

Un film de Herk Harvey – Avec Candace Hilligoss, Frances Feist, Sidney Berger, Art Ellison

Scénario John Clifford – Musique Gene Moore – Photographie Maurice Prather – Montage Bill de Jarnette

Terminons par un autre long-métrage qui a lui aussi anticipé toute une mode de films allant de La nuit des morts vivant au Sixième sens de Shyamalan. Carnival of souls de Harold Herk Harvey, petit film tourné en deux semaines avec un budget de misère est l’unique tentative de son auteur. Un film qui sera un bide à sa sortie avant de devenir un véritable film culte. Une réussite d’autant plus éblouissante puisqu’elle a influencé des générations de réalisateurs. Harold Herk Harvey a réussi à mélanger plusieurs ambiances : macabre, poésie, horreur, avec une aisance telle qu’il semble avoir tout dit en un seul et unique film. Là où certains metteurs en scène se répètent et balbutient des thématiques à peine dignes d’intérêt, Herk Harvey aura marqué durablement le cinéma par un film beau et glauque à la fois. On peut presque se laisser emporter par l’histoire comme dans un rêve, sans vraiment savoir exactement ce que nos yeux sont en train de voir. Nul doute que David Lynch s’en soit inspiré pour créer l’atmosphère de ses films.

Ces nouvelles sorties DVD prévues pour le 5 décembre chez Artus Films raviront j’en suis sûr les petits chanceux qui les recevront pour Noël ! N’hésitez pas à vous procurer les trois autres perles, dont l’excellent Scandale à paris de Douglas Sirk. Un film sur Vidocq revu et corrigé à la sauce hollywoodienne avec un George Sanders plus flegmatique que jamais. Ce Vidocq est bien meilleur que le délire visuel de Pitof avec Gérard Depardieu mais me paraît assez anecdotique dans la filmographie éblouissante de Douglas Sirk. Notons aussi L’étrange Mr Slade où Jack Palance incarne un remarquable Jack L’éventreur sous la direction d’Hugo Fregonese.

Six classiques américains à petits prix (9,90€), sortie prévue le 5 décembre :

Les cinq survivants : Inédit

Le carnaval des âmes : nouveau master

Le fils du pendu : Inédit

Au-delà demain : Inédit

L’étrange Mr. Slade

Scandale à Paris : Nouvelle copie

Chez Artus Films, distribués par Arcades.

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Comédien, metteur en scène et réalisateur travaillant pour l'asbl La Roulotte Théâtrale. Passionné de cinéma, de théâtre et de littérature, j'ai des projets plein la tête !

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