Pieter Aspe – Le collectionneur d’armes

« Épaulé par le fidèle inspecteur Versavel et par la belle Hannelore, juge d’instruction de son état (et accessoirement mère de ses jumeaux), le commissaire Van In, un flic peu catholique et peu diplomate, va devoir affronter la bourgeoisie de Bruges, arrogante et persuadée que l’argent peut tout acheter, lorsque la coûteuse collection d’armes du richissime trader Claes est dérobée. Très vite, Van In flaire une supercherie : le financier n’a visiblement pas la conscience tranquille et ses rendez-vous à la sauvette avec un mafieux russe ne plaident pas en sa faveur… Trafic d’armes, mafia russe et bordels de luxe : nos incorruptibles Brugeois ont du pain sur la planche ! »

Voici un auteur belge que je ne connaissais pas. Brugeois – néerlandophone, donc – Pieter Aspe écrit depuis apparemment une bonne dizaine d’années et doit, notamment, sa célébrité à sa série policière dont le héros est le commissaire Van In.

Le Collectionneur d’armes, cinquième opus mettant en scène ledit brave commissaire, est sorti au livre de poche en novembre 2011. En bonne belge qui se respecte, je ne pouvais décemment passer à côté de ce roman, en tant que fervente convaincue de l’absence culturelle de frontières linguistiques, encore moins.

Bruges nous avait déjà été contée, il y a fort longtemps, à travers le roman de ce cher Rodenbach (dont nous vous parlerons un jour, c’est promis) et nous avait laissé une forte impression. Ville austère, mystérieuse et brumeuse mais à la fois passionnante, sublime et au caractère bien trempé*  ; avec sa situation particulière et son rôle commercial en Belgique, Bruges n’est pas une ville ordinaire, c’est évident.

De notre Bruges-la-morte, chez Pieter Aspe, nous ne retrouvons rien, si ce n’est la bourgeoisie arrogante. Une bourgeoisie qui reflète bien notre monde actuel : en pleine déchéance. Se cachant derrière sa fortune amassée en participant à des magouilles sans nom et en collaborant avec des personnes sans scrupule, la bourgeoisie ne paie plus de mine et quand ça dérape, ça tourne vite à la catastrophe.

Pour en revenir à notre roman Le collectionneur d’armes, la lecture ne fut pas aussi fascinante que nous l’avions espéré. Est-ce la traduction** qui fait défaut ? Impossible à dire pour le moment. Toujours est-il que le commissaire Van In est un peu trop désagréable, macho et brouillon pour le rendre sympathique. Comme anti-héros, il aurait été parfait mais un commissaire de police doit tout de même de temps en temps faire preuve de profondeur, non ? Un personnage un peu dérangeant voire inadéquat, on peut facilement passer outre mais même ses relations avec les autres personnages nous semblent quelque peu plates, invraisemblables et incongrues…

En outre, l’intrigue, qui est pourtant complexe et très bien ficelée, n’est malheureusement pas toujours bien amenée, tirant en longueur au début et appuyant soudainement sur le champignon à la fin, elle fait preuve d’un certain déséquilibre pour le moins regrettable

Cependant (et comme il faut toujours garder le meilleur pour la fin), nous devons tout de même saluer les petites notes belges qui sont sympathiques pour les connaisseurs et intéressantes à découvrir pour les non-initiés ainsi que l’humour, quelque peu particulier au vu des considérations linguistiques, homosexuelles et politiques qu’il accorde à ses personnages, de Pieter Aspe.

*Normal pour une ville portuaire me direz-vous.
**Oui, c’est une honte, je l’ai lu en français mais je ne suis pas suffisamment à l’aise avec notre belle et charmante deuxième langue nationale pour lire la version originale à l’heure actuelle.
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