Please Kill me

« Un sale twist lourd. Le punk est arrivé sans s’annoncer. Par le Velvet, Patti Smith, MC5 ou Jim Morrison. Un hippie, Morrison? Vous avez déjà lu ses paroles? Nan nan, un Punk déjà, avec ses dépressions effrayantes étalées sur 10 minutes, où il tue le père et baise tout ce qui bouge, lézard compris. Le Punk c’est British, right? Nan nan, c’est venu des USA. Tout faux! Bien rangés dans nos petits fauteuils doux, pouvons-nous vraiment comprendre ce qui s’est passé entre … disons 1968 et 1978? Une bonne gerbe salutaire. Stooges, Ramones, Cramps, MC5, Dead Kennedys, New York Dolls, Richard Hell surtout. Du gros son déchiré, déchirant. Des torses maigres, pâles, luisants de rage.


D’énormes amplis. Le Punk et la transformation par quelques brillants allumés de la médiocrité en art pur. Réflexe de sauvagerie pour une expression de la survie. La seule vraie question: comment un univers aussi spontané et authentiquement furieux a pu lentement devenir une épingle à nourrice, une crête dans les cheveux, un bas résille déchiré? LET’S SEEK ANOTHER TRICK! A quelques morts et quelques overdoses près. Saloperie d’héro. »

Please Kill Me ? C’est initialement le titre d’un ouvrage paru chez Allia en 2006. Please Kill Me, c’est l’histoire du punk, racontée par ses acteurs. C’est 625 pages d’anecdotes, de souvenirs, de vécu. Racontées par qui ? Iggy and the Stooges, The Sex Pistols, The Dictators, The Ramones et leurs complices. Et les voilà qui débarquent au théâtre

Ou presque!

Sur scène, trois musiciens (Mathieu Bauer, Sylvain Catigny et Lazare Boghossian) et deux acteurs et chanteurs (Kate Strong et Matthias Girbig) alternent entre chansons, narration et agitation, en passant de l’anglais au français (avec une petite pointe d’allemand) aussi vite qu’une balle lors d’un match à Roland Garros. Les acteurs nous livrent petit à petit divers passages du livre, qui percutent : les premiers concerts des Stooges, la naissance du magazine Punk, les impressions des managers mais aussi et surtout tout ce qui fait ce vaurien de punk : le look déluré, la jeunesse, la crasse, la révolte, la drogue, l’absurde, le je-m’en-foutisme, la fougue, la franchise…

Si la mise en scène audacieuse et mouvementée mêle différents médiums artistiques avec brio et que les acteurs sont impressionnants, on regrette tout de même les quelques incompréhensions dues à la multiplication des sons (et l’imperfection du sous-titrage qui n’était, en plus, prévu que pour l’anglais*) mais aussi, peut-être, l’absence réelle de scénario (qui sait ? l’idée est peut-être à creuser) ainsi qu’un cruel manque d’interprétation musicale plus agressive (un petit Ramones ou un bon Clash aurait été le bienvenu en guise de remontant !)

Enfin, malgré ces petits bémols, une chose est sûre : la pièce et son texte, continuant à remuer dans vos entrailles de longues heures durant, ne laisseront personne indifférent **!

*Même pour les francophones il est généralement dur de comprendre quelqu’un dont la voix est recouverte par le son de la musique)
** Mis à part les détracteurs du punk mais cela va de soi, n’est-ce pas ?

Du 24 au 27/01 à 20h30, au Théâtre 140, 140 avenue Plasky à 1030 Bruxelles. Les prix sont de 8 à 18 €.

D’après le livre de Legs McNeil et Gillian McCain

Mise en scène: Mathieu Bauer

Avec: Kate Strong, Matthias Girbig, Sylvain Cartigny, Mathieu Bauer, Lazare Boghossian

D’autres informations sur le site du Théâtre 140.

Tags from the story
Written By

I'm always curious about new things, I love learning and I'm a creative person. That means I need to use my creativity to feel good and happy. That's why I've created Culture Remains and my other website, Naïra.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *