Plus belle la série

Plus belle la série nous emmène dans les coulisses d’un feuilleton télévisuel français bien connu créé et diffusé par France 3 et, en Belgique, par la RTBF. Alors que la collection Sociorama publiée chez Casterman a déjà exploré de nombreux univers, par exemple la fabrication d’un JT dans La banlieue du 20 heures, les métiers de l’aviation civile dans Turbulences ou ceux du X dans La fabrique pornographique, c’est désormais la face cachée d’un programme à l’immense succès qu’elle consacre un opus.

Comme les autres albums de la collection, Plus belle la série fait se rencontrer un chercheur en sociologie, ici Muriel Mille, auteure d’une enquête sur cette série TV, et un auteur de bande dessinée (et parfois deux !), dans le cas présent l’illustratrice et dessinatrice Émilie Harel, à qui l’on doit notamment La Mythologie en BD (chez Casterman également), et le scénariste Paul-André Landes.

Au cœur de l’intrigue, une héroïne attachante, Clémentine, jeune scénariste talentueuse, qui écrit pour la série. Passionnée par son travail, elle regrette parfois de ne pas avoir réussi à percer dans le cinéma, à écrire et faire vivre des scénarios plus profonds et engagés, donnant lieu à des films réalisés avec des moyens plus importants et interprétés par des acteurs plus talentueux.

Écrivant à Paris, elle n’a jamais rencontré les acteurs et n’a jamais foulé le sol des studios, situés à Marseille, n’occupant qu’un rôle parmi d’autres dans une chaîne de production à l’organisation efficace où chacun se concentre sur son travail et où seule une poignée de personnes dispose d’une vue d’ensemble sur le programme. Ce qui n’est même pas garanti car chacun, à son niveau, dispose d’une marge de manœuvre plus ou moins importante, ce qui peut notamment amener les scénarios de Clémentine à être transformés, amendés ou dénaturés par d’autres, sans même qu’elle n’en soit avertie avant diffusion.

Avec Plus belle la série, on découvre les cadences soutenues, les contraintes budgétaires et matérielles de la production, ainsi que les couacs et imperfections d’une mécanique pourtant bien huilée. En 168 pages en noir et blanc, l’album rend justice à une série qui fait souvent l’objet de moqueries, ainsi qu’à l’analyse sociologique qui en a été faite.

Cet album se lit avec plaisir, qu’on soit un fan fervent de la série, ou un observateur critique du phénomène, tant rythme, action, humour, surprises et rebondissements sont au rendez-vous… comme dans toute bonne série TV ?

Plus belle la série, d’Émilie Harel, Paul-André Landes et Muriel Mille, Casterman, collection Sociorama, 12 €, 168 p. ISBN : 9782203119536.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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