Le portrait pointilleux

Le soleil étant généreusement au rendez-vous en cette fin d’hiver, c’est avec quelques remords que je me suis engouffré dans l’Espace culturel ING, place Royale à Bruxelles, pour découvrir « To the Point. Le portrait néo-impressionsiste, 1886-1904  ». Heureusement, les regrets furent de courte durée. Au programme de cette exposition, organisée en partenariat avec le Indianapolis Museum of Arts, la recherche de la lumière et de la couleur objective dans la peinture grâce à une technique bien particulière, le pointillisme. L’espace culturel ING nous dévoile ce courant du néo-impressionnisme au travers du portrait.

Le néo-impressionnisme voit le jour à la fin du XIXe siècle à Paris. Georges Seurat en est la figure de proue. On entame l’exposition avec ce dernier. Non pas par une œuvre de l’artiste français, mais par une vidéo. Le thème ? Une de ses œuvres majeures : Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte.

Georges_Seurat_-_Un_dimanche_après-midi_à_l'Île_de_la_Grande_Jatte

En présentant cette peinture en 1886, Seurat révolutionne la technique de la peinture. Plus question de mélanger les couleurs pour obtenir des nuances. Il suffit de peindre, ou plutôt juxtaposer de petits points de couleurs pures. Pour le mélange, l’œil s’occupe du reste.

Cette méthode avant-gardiste va inspirer certains de ses confrères français. L’exposition propose quelques-unes des toiles issues de cette école française. Outre Seurat, on fait connaissance avec Paul Signac, Lucien Pissaro (le fils de Camille) ou encore Achille Laugé. Au travers de portraits de leurs proches, on découvre leurs talents pour le pointillisme. Leur caractéristique principale est de rester dans la représentation parfaite et objective de leur modèle. Pas de superflu. La neutralité est le mot d’ordre.

Lauge_Contre-j_FR (1)

La branche belge

L’utilisation du pointillisme a rapidement traversé les frontières françaises. Les artistes belges découvrent cette nouvelle technique lors du Salon des XX en 1887. Le tableau de Seurat inspire et enthousiasme plusieurs peintres et artistes belges.

Le résultat qu’ils en tirent est à découvrir dans la deuxième partie de l’exposition. Parmi eux, Théo Van Rysselberghe ou encore Henry Vandevelde, qui se tournera plus tard vers l’architecture. Comme leurs homologues français, ils vont également s’essayer au portrait. Les personnages représentés sont en général des amis, des proches ou même des membres de la famille du peintre. Un fil rouge dans l’ensemble de ces représentations : l’intrusion dans la vie quotidienne de ces gens. Ces moments pris sur le fait permettent d’appréhender leur existence, leurs habitudes. On se tourne clairement vers des portraits psychologiques. La technique du pointillisme, quant à elle, permet d’atteindre un summum de luminosité.

VAN Ryss varhaer

Du point au pixel

Plus question de tableaux au niveau inférieur de l’exposition, l’aspect scientifique du pointillisme est au centre de l’attention. Après l’observation on peut passer à l’expérimentation. Le centre culturel nous propose le ‘Studio Couleurs’ « du Point au pixel » entièrement dédié à la couleur et à la formation du spectre chromatique. On observe, touche, tourne, etc. Un objectif: comprendre la couleur dans toute sa complexité.

Ce workshop tisse également les liens entre l’utilisation du pointillisme et les principes de la pixellisation. Le message est clair. Au-delà du simple courant artistique, le pointillisme était réellement à l’avant-garde de notre ère. Plus un moment ne passe sans qu’on utilise un écran ou une imprimante. Ceux-ci sont fondés sur le même principe : des petits points de couleurs. Un seul changement: le nom. On ne parle plus de points de couleur ni même de lumière mais de pixels.

L’exposition est à découvrir au plus haut point jusqu’au 18 mai 2014 à l’Espace culturel ING. Pour les retardataires, une option reste possible. Après Bruxelles, l’exposition prendra ses quartiers d’été à l’Indianapolis Museum of Art aux États-Unis.

Du 19.02.2014 au 18.05.2014

Lieu: Espace culturel ING

Accès: Place Royale 6, 1000 Bruxelles.

Tarifs : de 3 à 8 euros

Plus d’informations sur Espace culturel ING

Tristan Bourin

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