Pré – Premier volet d’un triptyque sur la normalité

A travers le portrait complètement loufoque d’une Lala Ferrero on-ne-peut-plus atypique, la Clinic Orgasm Society propose ici, dans le cadre de leur triptyque sur la normalité, une première fresque haletante 100% home made faite d’entremêlements, d’émotions et de textes poignants évoquant avec brio le thème de la normalité.

Même contre son gré, durant toute la pièce, l’auditeur est plongé dans la réflexion et l’introspection, que cela soit sur des sujets tels que l’éducation, les tabous, les conséquences des mensonges, le jugement social ou encore sur la façon dont tout un chacun perçoit son corps à divers moments de sa vie. Caricatures, humour (souvent) noir, musique electro-rock-expérimentale entraînante, déguisements originaux, présence scénique, tous les éléments requis pour marquer le public sont présents.

Avec Pré, Catherine Brevers et Mathylde Demarez, les deux actrices, questionnent avec doigté les jugements moraux, les règles sociales ainsi que la qualité de l’information, des médias et de la publicité. S’entourant d’artistes originaux et locaux, Mathylde et Ludovic Barth, les deux instigateurs de cette réflexion, ont poussé le vice jusqu’à créer eux-mêmes les décors, les déguisements, la musique ainsi que les images projetées presque constamment sur écran géant. Un travail de titan pour une pièce l’étant tout autant. En effet, dès l’ouverture, le spectateur n’a aucun moyen de rester indifférent à ces sons électroniques répétitifs venus des entrailles de la femme ainsi qu’aux tenues et aux déguisements qu’arborent les actrices.

J’avais déjà, pour ma part, assisté à cette pièce le 12 octobre 2012, lors de sa première première, et il est intéressant de noter que mon ressenti s’est légèrement modifié. Alors qu’en 2012, la réflexion sur la normalité m’avait immédiatement sauté aux yeux (mais le dossier de presse que j’avais en main n’y était sans doute pas pour rien), cette année-ci, le message m’a paru plus complexe.  Le spectateur, plongé dans l’univers de Lala Ferrero, est en effet soumis à une pléiade de manifestations différentes, questionnant en premier lieu le rapport d’une femme à son corps et sa façon de gérer une supposée différence. Mais à la fin de la pièce, nous sommes toujours en droit de nous demander : qu’en-est-il de l’objectivité de cette unicité ? Était-ce une métaphore ? Ces questions, restées ouvertes, trouveront peut-être leur éclaircissement dans les pièces suivantes..

Je ne sais pas encore de quoi parleront Blé et Fusée, mais ce qui est sûr, c’est que Pré parle, elle, d’un sexe énorme au pouvoir international, de sexe et de normes sociales, de sexe et nomme la différence ; jusqu’à son extrême limite.

Au Théatre Varia

Prédu 21 février au 1er mars;

Blé, du 11 au 14 mars;

Fusée, le 15 mars.

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Musicien, photographe, écrivain, le tout en amateur mais avec passion. Au point que j'ai quitté un emploi stable pour me reconvertir dans le journalisme. Je suis retournée à l'école à 30 ans passés et depuis je me réjouis de ce choix qui me porte vers ce que je suis! Une personne curieuse de tout, passionnée de musique, de voyages terrestres ou spirituels, de rencontres avec l'autre...

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