Princess Nokia : rappeuse libre et indépendante

Princess Nokia

Une fois n’est pas coutume, ce sont les suggestions Youtube qui nous ont amené sur le chemin de Princess Nokia. Rythme de qualité et flow engagé, la musique de cette jeune artiste nous a emporté. Petite présentation de cette artiste féministe, multiculturelle et décomplexée.

Who dat who dat who dat ? Princess Nokia !

Princess Nokia, Destiny de son vrai nom, est une jeune femme américaine d’origine portoricaine. Comme bon nombre d’artistes nés à Harlem, son enfance est difficile et, d’enfant placée et battue par sa famille d’accueil, elle devient dealeuse pour ensuite fréquenter le milieu « arty » du Bronx. De mixtape en mixtape, Princess Nokia se forge une vraie place dans le milieu new-yorkais. Très vite, elle passe d’artiste underground à phénomène musical, se faisant même une place dans les défilés de mode d’Alexander Wang. Une consécration dont elle est peut être fière.

Dans ses textes, des messages d’émancipation, de féminisme et de confiance en de soi. Le tout, enrobé de « swag » à la MIA, Santigold et consorts. Elle flambe mais pour la bonne cause.

L’arrogance d’une reine

Princess Nokia, malgré son blaze et sa voix fluette, n’a absolument rien d’une princesse. S’il fallait l’identifier à un membre de la royauté, elle porterait plutôt le titre de reine avec sa confiance sans limite et son impertinence que certains pourraient trouver irritante.

Mais « la sympathie d’un artiste devrait-elle rentrer en compte dans notre appréciation de sa musique ? » s’interroge les Inrocks dans une interview de l’artiste en octobre 2016 ? Et se serait-on posé la même question pour un artiste mâle ? Probablement pas.

Après tout, n’est-ce pas l’essence même du hip-hop de se vanter, de s’imposer sur la scène et de clamer haut et fort ce que les autres n’osent penser tout bas ? Et à ce jeu, Princess Nokia est très, très forte. Son single Kitana, référence à l’un des personnages féminins de Mortal Kombat est un véritable hymne aux femmes fortes qui réclament le respect qu’on leur doit.

La philosophie de Princess Nokia ? Faire ce qu’elle veut. La jeune femme n’a pas froid aux yeux et quand il s’agit de refuser les propositions de 5 gros labels, elle le fait sans sourciller. Femme libre et indépendante, l’artiste s’auto-produit, s’auto-gère et s’auto-félicite. Et dans ce monde cruel, on ne peut que l’encourager. You go girl.

1992, année culte 

Ce qui frappe avec 1992, son 3eme album, c’est la cohésion de l’ensemble : 16 chansons et pas un moment pour souffler. L’album frappe fort et le flow de Princess Nokia vous emporte sans crier gare.
Après « Bart Simpson » où l’artiste évoque son enfance difficile, l’album décolle avec le trio puissant « Tomboy », « Kitana » et « Brujas ». Ces trois titres traduisent la rage et la volonté féroce de l’artiste de se poser en tant que féministe avant tout. Du féminisme militant dans le milieu hip-hop ? Assez rare pour être souligné dans un milieu où les femmes sont plutôt cantonnées à montrer leurs fesses et leurs seins. De ces derniers, Princess Nokia clame haut et fort leur absence, revendique son côté garçon manqué. « With my small titties and my fat belly » (vec mes petits seins et mon gros ventre…) et se moque du qu’en dira t-on.

1992, clin d’oeil à l’année de naissance de la rappeuse, oscille entre hommage au rap new-yorkais originel avec des sons très nineties et d’autres, à l’instar de la chanson « Flava », qui parleront plus aux générations trap des années 2000/2010. Adepte de l’une ou de l’autre extrémité du spectre musical, vous y trouverez votre compte car le talent musical de Princess Nokia est indéniable.

Princess Nokia est à découvrir au Botanique ce soir et les derniers tickets partent comme des petits pains ! Enfilez vos plus belles Vans, enlevez vos soutiens-gorges et soyez prêt.e.s à jumper avec elle. D’après plusieurs sources, les lives de la nouvelle princesse du hip-hop sont ro-yaux.

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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