Quand m’embrasseras tu ?

« Choisir la poésie de Darwich, c’est donner à entendre la langue d’un poète Palestinien, qui malgré la guerre, les expulsions, les trêves, la prison, a continué à chanter les hommes, la femme, la terre et sa beauté ». Je le confesse, des poésies de Darwich, je ne connaissais que peu de choses. C’est donc avec une certaine curiosité que je me suis rendue à ce spectacle singulier qu’est Quand m’embrasseras-tu ?.

Je n’irai pas par quatre chemins, Quand m’embrasseras-tu? est définitivement un gros coup de cœur et fait partie de ces spectacles où vous ne ressortez pas indemne. La thématique est pourtant bien connue et a déjà été abordée de nombreuses fois : le conflit israélo-palestinien. Thématique que la compagnie Brozzoni a décidé d’’aborder sous l’angle des poésies de Darwich qui sont à la fois tendres, belles, cruelles et puissantes.

Mais comment adapter la poésie, intime et réfléchie, au théâtre, mouvant et « public » ? En ne la récitant pas !

Je dois saluer la prestation de Abdelwaheb Sefsaf, pour qui le mot « interprète » n’aura jamais été aussi approprié. Chant, danse, musique, théâtre, déclamation : c’est bien simple, il sait tout faire. Il chante et récite les poèmes de Darwich en français et quelques fois en arabe. Vous ne parlez pas arabe ? Moi non plus mais je peux vous dire que j’ai compris les messages. De paix, d’amour, de rage, de colère, de tristesse, d’ironie. Ces poèmes semblent par leurs diversités toucher à toute la palette d’émotions humaine.

Deux musiciens accompagnent de leurs instruments (guitare, tabla, accordéon) les récits de l’acteur. Parfois l’air est au recueil, parfois à la fête mais il est toujours juste et, Au cas où l’oralité ne serait pas votre tassé de thé (il faut de tout pour faire un monde), l’artiste peintre Thierry Xavier se charge d’illustrer un à un les divers poèmes déclamés par notre interprète à la voix d’or. D’une « simple » toile de fond, blanche, naissent alors des horreurs comme des merveilles. Les colons israéliens, un missile, une ville détruite, un martyr, un arbre de vie. Toute l’horreur du conflit dévoilée en quelques coups de pinceau. Très fort.

Va-t-on ressortir déprimés et dépités après ce spectacle ? Si ce thème vous touche, cela se peut. Mais que cela ne vous empêche pas d’aller voir le spectacle car il comporte des petites perles d’humour et d’espoir également. En effet, l’art de Darwich n’est ni un art de désespoir ni de résignation mais un véritable message de révolte.

Vous l’aurez remarqué, j’ai choisi de ne pas débattre sur le conflit israélo-palestinien car ceci n’est pas un billet politique mais culturel. Cela dit, cette pièce reste hautement politisée et ne manquera pas de vous faire réfléchir…

Je terminerai donc par cette phrase, empruntée au spectacle : « La terre appartient à tout le monde. Êtes-vous d’accord ? ».

Je vous laisse méditer là-dessus. Allez voir le spectacle, vous me remercierez.

Ps : Si vous le désirez, le CD du spectacle est en vente après chaque représentation.

Du 20 au 22 février au Théâtre 140. Avenue Eugène Plasky, 140. 1030 Bruxelles. Entre 15€ et 8€. Le 23 et le 24 février au Théâtre de l’Ancre. Rue de Montigny, 122. 6000 Charleroi. Entre 15€ et 5€.

D’après les poèmes de : Mahmoud Darwich

Mise en scène : Claude Brozzoni (la compagnie Brozzoni)

Avec : Georges Baux, Claude Gomez, Abdelwaheb Sefsaf et Thierry Xavier

Plus d’infos sur le Théâtre 140 , le Théâtre de l’Ancre, la Cie Brozzoni

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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