Rémi Gaillard, du grand N’importe quoi qui tient quand même la route

N’importe qui sort en dvd. L’occasion de redonner sa chance au film avec Rémi Gaillard boudé à sa sortie en salle? Assurément et quoi qu’on en dise. Même si le format dvd est bien plus judicieux pour un bon moment, sans prétention entre amis. 

On a beaucoup parlé de ce film sorti il y a quasiment un an: « Mal réalisé », « mal joué », désavoué par Rémi Gaillard lui-même remonté contre une production qui ne lui a pas laissé la liberté pour faire le film qu’il voulait. Certes, on ne présente plus Rémi Gaillard, fort et fier (il peut bien!) de 15 ans de carrière et de millions de vues sur Youtube – au moment du film, même le cap des deux milliards de vues était passé – pour des vidéos souvent hilarantes empreintes de canulars ou de comique de situations bien négocié (ces scènes surréalistes dans les ascenseurs notamment, brillantes!). Quelques mauvaises idées aussi (ces scènes absolument vulgaires dans lesquelles Rémi Gaillard mime l’acte sexuel. Rien de méchant mais juste assez pour nourrir des polémiques idiotes mêlant sexisme, machisme et autres) mais comme dans toutes les carrières. Celle de Rémi restant exemplaire à maints égards. De là à faire vendre un film? Peut-être pas. D’autant, quand au final, on apprend que ce film n’en est pas vraiment un. Pire: quand on le constate en salle, en ayant payé sa place! Car non, ce n’importe quoi n’est pas vraiment un film, plutôt une mise en récit des plus grands moments des quinze ans de carrière (loin d’être finie) du quadra montpelliérain. Tout en se terminant, en apothéose, avec 20 minutes de vidéos inédites.

N'importe qui Rémi Gaillard conquête du monde

Parti de ce constat, on sait donc à quoi s’attendre en enfonçant le dvd dans le lecteur. Il n’y aura pas de mauvaise surprise, ce film possède bien un scénario assez simple (ça tombe bien, c’est ce qu’on en demande en pareil cas) qui permet de relier ces bons moments que tout Youtuber ne se lassera jamais de revoir. Ainsi, le spectateur retrouve-t-il un Rémi Gaillard plus féroce que jamais mais qui s’apprête à devenir père. Pourtant, Sandra (Nicole Ferroni) aimerait que son éternel gamin de compagnon arrête son ‘ »n’importe quoi » et entre dans les rangs, prenne sa vie en main et bâtisse l’avenir. Changement de rôle pour le trublion contraint de ranger ses déguisements, de remercier son équipe de fidèles et de se trouver un job de représentant commercial. Dans sa désintoxication du net, Rémy se retrouve, tel un robot, lobotomisé par les médicaments et antidépresseurs. Mais difficile d’oublier un passé aussi glorieux que le sien.

N'importe qui Rémi Gaillard représentant

Vu de cet angle-là, dans ses phases béates, le personnage de ce Rémi Gaillard sous traitement rappelle le surréalisme du Jacques a vu de Xavier Diskeuve. Involontairement bien sûr mais avec un certain effet. Quelques répliques savoureuses font également mouche tel ce « Tu vas te taper tout le zoo? » d’une délicieuse Nicole Ferroni constatant un Rémi Gaillard en pleine rechute et enfilant, de nuit, tous ses anciens déguisements. Puis, il y a cette relecture, trop courte mais hilarante, du Thriller de Jackson. Après quoi, il est aussi très amusant de voir ce que devient l’équipe de réalisateurs qui aidaient (et avaient parfois du mal à suivre) Rémi Gaillard dans ses trips quasi-hallucinogènes. En effet, quand Rémi Gaillard laisse tomber son affaire, la joyeuse équipe est bien obligée de se recaser. Arnaud devient pompiste, Gérald travaille dans les organisations de mariage (ce qui vaudra une scène de rechute et de grand n’importe quoi mémorable!) tandis que Greg, un impayable Franc Bruneau, chante du reggae dans les homes et joue de la cornemuse au Mistral. Si l’approche n’est pas mal vue de vouloir montrer l’équipe qui entoure Rémi et les coups que se prend cette belle bande; on regrettera juste que des acteurs aient pris la place de l’équipe originelle.

N'importe qui Rémi Gaillard rassemblement

Enfin, voilà l’exemple type du film à voir en dvd, sans se prendre le chou et en faisant l’apologie du n’Importe quoi (que ceux qui s’attendaient à quelque chose… passent leur chemin). Avec des qualités, des défauts aussi, mais pas de quoi en faire le bide annoncé. N’importe qui se laisse suivre comme tout bon divertissement et se révèle être un bon moment de défoulement! Avec, en prime, 20 minutes de vidéos inédites savamment attendues et prouvant que Rémi Gaillard ne sera jamais à court d’idées (ce discours de centurion romain, l’attaque des monstres d’Halloween, le clown désespéré…). Peut-être pas adapté pour le cinéma, mais qui trouvera entièrement sa place dans votre lecteur-dvd. Tant mieux, c’est pour ça qu’on venait. Puis, faut pas déconner, ce n’est pas parce que c’est Rémi Gaillard qu’il faut dire que ce film est naze. On a vu pire, largement. Tout en attendant la « vraie » version de ce film?

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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