Reminder: Rockerill fest, Punkgarage to acidtechno in ya faces!

C’était le 26 avril dernier. Toute la nuit, les anciennes forges de La Providence, décorées d’expos chamarrées, furent l’église d’une messe haute en décibels. Cette célébration portait le doux nom de Rockerill Festival. Regroupant divers poulains de Rockerill Records, Teenage Menopause Records ainsi que des guests internationaux. La soirée était l’occasion de naviguer à travers les styles avec un line-up vendant littéralement du rêve. Toutes promesses tenues, voici le reminder d’une organisation sans fautes.

L’office démarre avec les cinq Liégeois de Scrap Dealers et leur rock garage bien assuré. Directement suivi par les Parisiens de TITS, qui de leur punk bruyant ont fait trembler le public en front stage! Mon absence m’abstiendra hélas de tout autre commentaire. Poursuivons.

Un puissant bruit de décadence s’installe au fil des compositions du trio de Prince Harry. Les Liégeois, énervés, produisent de fait à merveille leur alliance de l’électro, du punk et du post-punk. Quelle meilleure illustration que l’excellente reprise de Red Zebra. Il est de coutume que le groupe enflamme et détrempe de bière les salles, ce qu’il ne manquera d’ailleurs pas de faire! De fait, le public averti se déchaîne dans une véritable blitzkrieg, tandis que les novices se prennent une branlée digne de ce nom. Leur premier obus, It’s getting worse, lâché en 2012 sur les labels susmentionnés avait d’ailleurs atomisé les chaumières. Un bémol peut-être, en rien lié à leur prestation: un synthé tellement proche de celui de Komplikations (de fait, c’est le même gars) qu’il pousse à la comparaison des deux groupes !

LPH ROCKERILL

Pendant ce temps, les deux djs-lurons marseillais de Dukebox Stuntemen enflamment de leurs tubes finement sélectionnés le dancefloor de la forge. Douce récidive de leurs prouesses chez Moustache (et la moustache, ils connaissent!), deux jours plus tôt, en after party du concert de Charnier.

C’est d’ailleurs sous leur jeu de projections que le onemanband Jessica 93 (TMR/Teenage Menopause Records) se met en place. Discret comme à son habitude, il commence à bidouiller ses loops presque sans qu’on le remarque. Pourtant dès que la boîte à rythme se met à lanciner et sa disto à rugir, le public, lui aussi comme à son habitude, décolle en transe. Un concert de Jessica 93, c’est pas vraiment l’éclate, la bousculade et les cris. C’est plutôt une longue messe incantatoire qui ravage les foules et s’insinue dans les tréfonds de tes neurones restants. Histoire de laisser place à une marée humaine ondulant sur cette musique hybride, sorte de croisement cold-psyché-post-grunge.

Jess2jc2

C’est un peu hébété et défoncé (aux sons, il va sans dire) que nous sommes une fois de plus redirigés vers la salle adjacente pour la prestation des Bordelais de JC Satan. Le quintet (sorti sur…. TMR bien entendu) est énergique et bluffant. On ne sait pas toujours si le guitariste nous balade volontairement dans ses rythmiques démentielles mais la magie est là. Ils proposent une musique ultra énergique et barrée, comme si Kurt Veil se mettait au garage. Le foule n’en peut plus (oui, comme depuis le début de la soirée en fait) et se bouscule en tous sens. Evacuations des énergies plus profondes, intrinsèques, du concert de Jessica 93. Après, on pourrait penser que c’est un peu le foutoir, mais finalement, un sacrément jouissif foutoir. Sans trop gâcher l’ensemble, il est quand même dommage  que le chant féminin ne soit pas toujours à la hauteur, en son et en justesse.

Histoire de continuer à contenir efficacement les foules, Pute-Acier nous balance, en grand maître de la lourdeur industrielle électronique, un set techno/EBM qui met tout un chacun au pas. Réveillant les passions de danse mécanique de certains et les pulsions primitives d’autres  à chaque détonation de beats.

S’ensuit un second dj fresh made in Bxhell. Singularity aka Raùl Borges aka Crazy Mwandishi aka, soit. Raùl, c’est un peu notre virtuose inné du djing. Tout ce qu’il touche, il le transforme en matière à danser. Il vient d’ailleurs de sortir, sur Activities Records, son premier LP solo MATERIAL RELEASES IT’s ENERGY. Si la foule ne se souviendra par réellement du live (l’heure, l’état, tout ça), il est une généralité qu’on entendra : «  Oh ouais, c’était trop bien ! ». Excuse-nous donc Raùl de ne pas avoir entendu toutes les subtilités de ton set  house/soul tech aux rythmiques ultra efficaces. On le vivait trop à faire disjoncter nos synapses et perdre un peu plus de nos liquides encéphaliques.

collagehorror

Mais, c’est le point d’orgue de cette soirée qui fait perdre totalement, vraiment totalement, la tête. The US guest, celui qu’on n’imaginerait juste jamais à Charlooz city. Nombreux étaient là du seul fait de sa présence. Lui, c’est Oliver Chesler, plus connu sous le nom The Horrorist. Le dj et producteur américain crée à lui seul le déclin du lieu en bonne vieille arme de destruction massive d’outre-Atlantique. Ce n’était plus une marée humaine, c’était une tempête déferlante. Gros son, projection, jeu de lumière, jeu de scène, absolument tout pour une prestation parfaite. Et de ce fait, elle l’était! Au-delà de son tube One night in New-York city, c’est l’ensemble du concert qui fait disjoncter la collectivité, parachevant le délabrement de nos esprits.

Le point de non-retour étant dépassé, Minimum Syndicat passe comme une formalité. Les Français, enfants des raves, prodiguent efficacement leur techno acidulée, nous permettant de vivoter ou nous transcender, selon les états. Lourd, efficace, pas de réflexion, plus que l’agitation. Puis vient Robert Tubb, soit Cursor Miner, soit le temps mou de la soirée. L‘excellent dj et producteur anglais aux chaussures pailletées, fait remuer quelques fessiers de sa musique électronique sans toutefois réussir à pénétrer la frénésie ambiante.

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Mais c’est sans compter sur Elzo Durt, instigateur, fêtard, redoutable amateur d’excellentes choses, pour en remettre un dernier coup. Le coup de grâce surtout, même si l’heure n’est franchement plus à la grâce. On se dandine encore vaguement, avec ce reste d’énergie qui refait surface par cet acid-techno juste comme il faut.

Les plus téméraires resteront jusque 9 heures, voir plus devant le Rockerill ou dans leur voiture. D’autres, plus curieux, s’aventureront dans la ville tandis que les plus sages, auront pris le chemin de retour, maudissant d’avance la semaine de fatigue à venir mais s’impatientant déjà pour la nouvelle édition à venir!

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