Rencontre avec Hamo, dessinateur de L’envolée sauvage (t.3)

En 2006-07 sortait un diptyque racontant l’histoire d’un jeune garçon, Simon, jeune enfant juif, qui fuit le régime nazi en se cachant dans un pensionnat, et qui se fait finalement prendre. On le suit tout au long de sa fuite de l’ennemi mais également lors de sa détention dans un camp de concentration, et ce jusqu’à la libération. Un récit dur et pourtant poétique, la dureté du dessin et des situations contrastant avec les petits plaisirs simples et la rencontre avec l’amour de sa vie.En 2011, Laurent Galandon, le scénariste, a une idée de second diptyque sur le même sujet : la fuite d’enfants juifs face à l’ennemi nazi. Dans ce récit, on parle de l’histoire d’Ada (Camille) et sa sœur Lucja (Alice), et on se rendra compte dans le deuxième tome (ou avant pour les plus perspicaces d’entre nous) que les deux histoires, bien que très différentes, sont liées. Pour cette histoire, un autre dessinateur a été choisi : Hamo. Avec un dessin moins anguleux, beaucoup plus en rondeur, que Monin (qui a dessiné le premier cycle), Hamo nous entraine dans cet univers dur de la seconde guerre mondiale avec beaucoup de justesse.

Un changement de dessinateur qu’Hamo ne voit pas comme une reprise : « Moi je ne vois pas vraiment comme une reprise dans le sens où les deux histoires se lisent séparément. On ne m’a pas demandé non plus de copier le dessin d’Arno (Monin). Je l’ai vraiment fait à ma manière, et puis il y a très peu de personnages en commun. Donc pour moi ce n’était pas difficile, puisque c’était une sorte d’histoire parallèle. »

Outre le dessin, Hamo a dû également faire des recherches sur les costumes et voitures d’époque. Si Laurent Galandon fait déjà une bonne partie du travail, le dessinateur n’a pas, pour autant, « qu’à dessiner » : « Quand je reçois le scénario, il y a déjà beaucoup de détails, après c’est à moi de pousser un plus plus loin la recherche de documentation. J’ai regardé des films sur la guerre, de cette époque-là. En fait pour rentrer dans le récit, je story-board toute l’histoire, je dessine tout au brouillon, pour vraiment sentir les personnages, définir la narration, etc. » Après l’aval de Laurent Galandon, et l’éditeur, certaines scènes sont retravaillées, « et puis, une fois que la base est posée, je fais la mise au net et là je ressors toute ma documentation spécifique. »

Dans ce premier tome de ce second cycle, une scène se passe dans le vélodrome parisien où a eu lieu la rafle du Vel’ d’Hiv. Une scène pas très longue sur laquelle, pourtant, le dessinateur a dû travailler : « J’avais peur au début que tout ne tourne autour de cet événement et que ça fasse une redite avec le film ‘La Rafle’, mais c’est la scène d’introduction. Et pour les cinq à six pages concernant cet endroit, je me suis bien documenté, avec les films, les photos. C’est finalement sur cet endroit qu’il fallait que je sois le plus rigoureux. Le village, j’ai pu l’inventer, le bâtiment à Paris, c’est finalement un parmi tant d’autres, mais pour le Stade du Vélodrome, il ne faut pas se planter, c’est celui-là et pas un autre. »

Le défi d’Hamo était donc grand, et le résultat est à la hauteur. On se retrouve plongé dans une histoire qui nous prend malgré nous et nous emmène dans un monde stressant, avec pourtant ce dessin assez rond. Mais le dessinateur n’a pas seulement dessiné L’Envolée Sauvage cette année, il a également fini le triptyque de Special Branch, une série policière qui se passe à la fin du 19ème siècle.

Les deux univers sont complètement différents et pourtant il dessine les deux de front. « J’essaie d’avoir un côté un peu plus réaliste et moins caricatural dans Special Branch et un petit peu plus rond et grand public pour L’envolée sauvage, et puis je n’utilise pas la même méthode d’encrage. » Dans la série policière, on arrive enfin à la fin du triptyque, la fin de l’enquête du Léviathan.

Si pour l’Envolée sauvage il faudra se contenter du Tome 4 qui sera, a priori, le dernier de la série (et qui devrait sortir pour l’été 2013, si tout va bien), pour Special Branch, on peut s’attendre à une continuité : « J’attends des nouvelles pour la suite de la série, et il est peut-être question qu’on fasse une nouvelle enquête. Mais si on le fait, ce seraient des one shot, peut-être plus épais, ou pas, mais comme les personnages sont en place, on partirait sur des enquêtes en un tome. » Des tomes dans lesquels nos héros quitteraient peut-être le sol britannique, mais comme le dit Hamo, rien n’est fait !

Hamo, un dessinateur fort sympathique et très accessible qui a plus d’une corde à son arc, puisqu’il est également musicien dans le groupe Camping Sauvach. Des univers opposés qu’il concilie avec brio. Je vous invite vivement à découvrir son travail, et les histoires qui l’accompagnent.

Laurent GALANDON et HAMO – L’ENVOLÉE SAUVAGE (Tome 3 : Le Lapin d’Alice)

1942. Il était une fois deux enfants qui fuyaient la nuit et le brouillard… Comme des milliers d’autres, Ada et Lucja sont sœurs. Comme des milliers d’autres, Ada et Lucja sont juives. Comme des milliers d’autres, elles furent arrêtées avec leurs parents lors de la terrible rafle du Vel d’hiv’, le 16 juillet 1942. Commence alors leur course effrénée pour la survie. Une aventure où, pour fuir la réalité et garantir leur sécurité, Ada invente à Lucja un monde où les princesses échappent aux loups à bottes cloutées… Mais jusqu’à quand ?…

Paru le 31 Octobre 2012
Prix France : 13,90 €
Plus d’infos sur les éditions Grand Angle.

Roger SEITER et HAMO – SPECIAL BRANCH (Tome 3 : La mort du Leviathan)

Le filet se resserre autour de l’amiral Cavanagh : l’enquête menée par Charlotte et Robin Molton les ramène sans cesse à cet homme dont on a retrouvé la photo sur la momie du West Eastern. Mais lorsque Cavanagh est assassiné à son tour, le doute s’installe : quelqu’un de plus important qu’un amiral tirerait-il les ficelles ? Il faut que cette personne ait gros à perdre pour commanditer des assassinats et dissimuler les preuves d’un forfait commis il y a plus de vingt ans…

Paru le 28 Novembre 2012
Prix : 13,90€
Plus d’infos sur les éditions Glénat.

Tags from the story
,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *