Retour sur une journée pornographique au FIFA

© Luigi Desario

« Moi, les films d’amour ça me dit rien ! » Voilà ce qu’on peut entendre à l’évocation du Festival International du Film d’Amour de Mons. Pourtant, si l’on en juge par la sélection du festival, tous les films parlent d’amour. Le cinéma est par essence pétri de sentiments amoureux qui peuvent se décliner sous toutes leurs formes et dans tous les genres : drame, comédie, horreur, thriller, etc.

Les Montois ont pu côtoyer de près Nicolas Bedos, Béatrice Dalle, Radu Mihaileanu, Jean-Marie Bigard et tant d’autres… Mais ce festival se veut aussi transgénérationnel en invitant presque à la même table deux actrices pornographiques pour débattre lors d’une conférence sur les dessous du sexe au cinéma, plutôt tournée vers la pornographie que vers son sujet initial, d’ailleurs. L’actrice X des années 70 Brigitte Lahaie a cédé la place à celle des années 2000 Amel Annoga, sous l’œil flegmatique de Jan Bucquoy et du récent Magritte du meilleur court métrage d’animation Eric Ledune pour son bien nommé Pornography.

Je n’arriverai jamais à comprendre que les gens de ma génération soient devenus aussi pudibonds et mal dans leur peau. Incapables d’accepter la philosophie ubuesque d’un Bucquoy, ces « jeunes » préfèrent pouffer de rire ou, dans le pire des cas, apostropher agressivement le génial réalisateur de  La Vie Sexuelle des Belges.

 Tout enfant éprouve l’envie de baiser sa mère.

Mesdames, quand vous avez du sperme en bouche, c’est le goût de la mort que vous goûtez ! 

Doit-on vraiment s’offusquer en entendant de tels propos ? À une époque où la psychologie semble être rentrée dans les mœurs, les gens sont-ils à ce point coincés qu’ils ne peuvent plus réfléchir calmement et librement lors d’une simple conférence, se voulant informative et inutile ?

Cette première journée thématique du festival s’est clôturée par la projection du documentaire sur le hardeur Rocco Siffredi.

Un film intéressant par sa représentation sans concession du milieu de la pornographie Gonzo mais qui, à mon avis, aurait mérité d’être projeté avant cette fameuse conférence sur le sexe à l’écran, pour remettre en perspective la représentation du porno au cinéma. Malgré une thématique maintes fois traitée – par exemple dans le très intéressant Il n’y a pas de rapport sexuel, qui mettait en scène la pornstar HPG – le film de Thierry Demaizière et Alban Teurlai vise juste.

Les films s’enchaînent au FIFA, les soirées aussi et la coqueluche du festival, le célèbre Jacky Collinet, mitraille avec son appareil photo les vedettes et invités du FIFA. Pour les montois, Jacky est la mascotte du festival, alors amis étrangers si vous croisez à Mons un sympathique photographe arborant une petite gibbosité, saluez-le de ma part, il vous prendra certainement en photo !

Et si vous désirez découvrir l’univers de Jacky, un très beau documentaire disponible en ligne a d’ailleurs été réalisé par Kevin Stel.

 

Tags from the story
Written By

Comédien, metteur en scène et réalisateur travaillant pour l'asbl La Roulotte Théâtrale. Passionné de cinéma, de théâtre et de littérature, j'ai des projets plein la tête !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *