Richard III, coeur de Pion

« Alors que son frère Edouard règne sur l’Angleterre, Richard de Gloucester fomente une ascension expresse du trône, à travers les meurtres en série de tout ce qui constitue obstacle à ses yeux, de ses frères à son neveu, en passant par sa femme fraîchement épousée, Lord Hastings et sa mistress Shore, ou encore son cousin allié Buckingham. Afin d’endiguer sa folie meurtrière, le duc de Richmond lève une armée contre lui pour récupérer le royaume. C’est que la soif de pouvoir de Richard ne peut s’étancher que dans un bain de sang. »

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Comme souvent dans ses pièces, Shakespeare construit ses vers sur une intrigue ultra élaborée traversée de dizaines de personnages, fruits descendus de plusieurs arbres généalogiques. Ici, les York font la guerre et l’amour aux Lancastre, autour d’un trône en sursis, entourés d’amis et d’ennemis dont il n’est pas toujours aisé de retrouver la fonction précise. Simplifier ce nœud de vils pairs était un défi pour la troupe réunie. Défi presque réussi. Restent quelques zones d’ombres planant sur des personnages secondaires qui peuvent encore échapper au spectateur inattentif.

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Mais dans l’ensemble, le programme d’essorage est concluant. Et on suit passionnément les tumultueuses pulsions meurtrières de Richard, porté par un Guy Pion en forme olympique, bien mis dans ses oripeaux royaux. La performance éclatante du rôle titre ne minimise cependant pas celles de son allié et de son rival. Joli casting, donc, pour cette coproduction avec le Théâtre de l’Eveil, surtout du côté masculin.

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L’autre point remarquable qui fait toute la différence lorsque l’on assiste à l’énième adaptation d’un classique, c’est bien entendu la mise en scène. Et celle d’Anne Pousseur est particulièrement réussie, donnant un vernis de modernité et de folie à cette pièce cent fois jouée. Elle regorge de trouvailles excellentes rehaussant la prose shakespearienne d’effets sonores et visuels éclatants. Ainsi, mention spéciale pour l’occupation de la scène, la bande-son, le travail sur les voix, ou encore les chorégraphies.

C’est un réel show que nous propose le Théâtre du Parc, qui réconcilie qui doit encore l’être avec l’ami Will. A voir, donc, sans plus trop tarder !

Jusqu’au 15 février 2014, au Théâtre Royal du Parc.

De  : William Shakespeare

Avec  : Guy Pion, Anouchka Vingtier, Béatrice Ferauge, Adrien Letartre,…

Mise en scène : Isabelle Pousseur

Plus d’infos sur le site du Théatre du Parc

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S. aime la bande-dessinée et le cinéma, les images qui parlent, quoi.

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