Rien à signaler

« Un drame « invisible » se noue chez les voisins d’en bas. Milly, la dame du premier, se doute bien de quelque chose mais, dans le doute… on s’abstient n’est-ce pas ? Son voisin de palier, lui, se contente d’observer Carole, la jeune femme du rez-de-chaussée, lorsqu’elle prend son bain de soleil dans le jardin en surveillant sa gamine. »

Manifestement, j’ai le chic pour sélectionner les pièces au Poche qui traitent d’enfance assassinée

Comme de coutume, le Poche nous balance à la figure une création au sujet d’une réalité inhumaine dont nous préférerions nier , comme le font les protagoniste de la pièce, l’évidence. Ces horreurs qui telles des murmures lancinant, nous hantent jours après jours tandis que nous continuons à vivre en écoutant pourtant d’une oreille distraite. Bien entendu lorsque l’inimaginable se produit, la surprise est grande! Quoi que, tout bien réfléchi, pas tant que cela finalement. Et c’est avec un très hypocrite « j’allais justement intervenir » qu’on se donne l’illusion de pouvoir continuer notre petite vie comme si nous n’étions pas complice d’abominations.

Cette pièce ne parle pas d’un fait extraordinairement unique, elle parle d’une jeune sotte vivant d’amour et de bière fraîche avec un homme quelque peu soupe au lait. Telle la musique pêchue qui bombarde la salle, leur bonheur est bruyamment communiqué à tous. Ce bonheur pourrait être parfait s’il n’y avait pas cette satanée Sharon, insupportable, insolente, invisible … bébé illégitime. Et sous les yeux de tous se prépare un drame, précédé de violences multiples. Car la maltraitance a bien des visages. Celui d’une vie sexuelle exacerbée et imposée, celui des besoins vitaux d’un enfant non respectés, celui des violences verbales et physiques,celui de l’enferment, celui de l’abandon tout simplement d’une mère amoureuse ou celui d’un public indifférent.

Si quelques personnages me semblent superflus et la mise en scène parfois hasardeuse, le jeu des acteurs est magnifique!

Vous êtes donc prévenu afin de ne pas trop devenir les dommages collatéraux de la violence suintant de cette pièce à ne pas manquer pour la qualité de son interprétation.

Du 16/04/13 au 11/05/13 à 20h30 au Théâtre de Poche, 1a Chemin du Gymnase à 1000 Bruxelles.

De : Martin Crimp.

Mise en scène : Georges Lini.

Avec : Allan Bertin, Denis Carpentier, Tony D’Antonio, Benoît Janssens, Valérie Lemaître, Bernadette Mouzon, Jacqueline Nicolas.

Titre original : Getting Attention.

Plus d’infos ici.

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