RING ou un portrait cru, poétique et amusant du couple avec Audrey Dana et Sami Bouajila

Moderne et innovante, RING est la bonne petite surprise de cette rentrée théâtrale parisienne.

Ecrite par Léonore Confino, RING fait partie d’une trilogie en collaboration avec son acolyte et metteur en scène, Catherine Schaub: l’ensemble se compose de Building, sur le monde du travail (présenté au dernier festival d’Avignon) et de Les uns sur les autres(prochainement au Théâtre de la Madeleine en janvier 2014) sur la famille.

Chacun propose des scènes de vie et un point de vue sur une réalité car, comme l’explique l’auteur, quand on demande des nouvelles à quelqu’un, c’est toujours:

‘Et le travail ? Et la famille ? Et le couple ?’

Dans RING, il est donc question du couple, celui des amants, des jeunes parents, d’Adam et Eve, tour à tour convoqués dans une chambre conjugale, une salle de bain ou une boîte de nuit et dont le point commun est la difficulté à cohabiter…

Derrière une écriture contemporaine se dessine, par petites touches, un sous-texte d’une cruauté incroyable. Car RING est une vision plutôt pessimiste de la vie à deux, au sein de laquelle l’homme comme la femme doit faire des efforts surhumains pour coexister avec l’autre et tenter d’élucider le mystère de cet inconnu qui vit sous le même toit et avec lequel il est condamné à vivre.

Écrit et mis en scène par deux femmes RING n’est, contre toute attente, ni une pièce féministe, ni un brûlot contre le sexe opposé, bien au contraire, tout le monde en prend pour son grade. Le constat est même sans appel: homme et femme ne finiraient par se comprendre qu’en état d’ébriété (jouissive scène de la boîte de nuit)…

Malgré quelques clichés et un sujet maintes fois rebattu, celui du couple, RING prouve qu’avec un peu d’audace, d’originalité et de vivacité, l’important au théâtre n’est pas son sujet mais sa façon de l’aborder!

Un peu comme dans la vie et sans ménagement, la pièce oscille intelligemment entre poésie, crudité et rire.

Des coups de poings, certes, mais des rires aussi dans ce grand déballage conflictuel et passionnel qui vous fera sourire les 80 minutes que dure ce combat vif, corrosif et musclé.

Sur ce « ring », on est dans tous ses états: on couche, on danse, on se rencontre, on s’attire, s’attise, s’aime, se pousse, se repousse, se lasse, se déteste.

Dans un décor épuré et lumineux (un banc, un lit, une table, deux chaises) la scène s’improvise terrain de jeu et d’expérimentations sur lequel on analyse les comportements et mutations perpétuelles de Camille (l’homme) et Camille (la femme).

La sobriété du décor, totalement blanc, donne la part belle au jeu des acteurs qui livrent une véritable performance avec une mention spéciale à Audrey Dana, littéralement bluffante et hilarante en femme survoltée au bord de la crise de nerfs qui nous ferait presque oublier Sami Bouajila, son partenaire.

Qui de l’homme ou de la femme remportera ce combat? On ne vous le dira pas.

Pour le savoir, il ne vous reste qu’à découvrir la pièce de la rentrée, celle qui vous fera du bien aux zygomatiques et vous apportera une bonne dose d’euphorie!

Et si vous croyez que tout a été dit sur l’intimité du couple, RING est une bonne occasion de vous prouver le contraire en venant découvrir au théâtre du Petit Saint-Martin à Paris(jusqu’au 26 Octobre), ce combat un peu féroce, certes, mais plein d’humour.

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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