Rouge Gueule

« Dix sketches tabous, c’est ça notre Rouge Gueule. La pièce du jeune québécois Étienne Lepage montre un portrait cru, presque scandaleux, du vide et de la désillusion de notre société. Ces personnages montreront sans honte ce qui est caché dans le fin fond de leurs âmes. Parmi les révélations des personnages de Rouge Gueule, c’est le désir, la vanité, le succès qui se font entendre. Souvent drôles, parfois inquiétantes et toujours troublantes, ces histoires s’entremêlent et se séparent dans une danse qui ne peut laisser personne indifférent. »
Histoires personnelles qui se mêlent malgré elles, scandales et orgueil pas toujours bien placé! Une pièce qui promet d’être croustillante à souhait!
 
En effet, si un mot devait être usité pour qualifier cette pièce, c’est bel et bien « croustillance ». En d’autres termes, pour faire preuve de moins d’affectation, c’est « une bonne grosse claque dans ta (sale) gueule (ensanglantée, du coup, d’où le titre)* ». Ce texte audacieux (… grossier) nous offre donc le portrait de personnages cyniques (… crus), explosifs (… violents) et sans tabou (… obscènes). Soit, âmes sensibles s’abstenir!

Au delà du texte savoureux mais suffisamment particulier pour ne pas faire l’unanimité, la mise en scène est peu conventionnelle, le décor percutant et le jeu des acteurs tout bonnement époustouflant. Un jeu corporel et vocal alliant habileté et puissance donne le ton à cette pièce aux propos qui dérangent. L’une ou l’autre frustration toutefois: le déploiement très légèrement trop fort de la composition mobile des autres personnages lors d’un monologue, offrant à nos yeux une distraction parfois tellement intense que le fil du texte est malheureusement perdu ainsi que l’utilisation de langues étrangères qui bien qu’universelles (espagnol et anglais) peuvent entraver la bonne compréhension du spectateur totalement hermétique aux langues étrangères… Bien que cela ne soit pas mon cas, il me faut avouer que quelques répliques en espagnol m’ont totalement échappé (notamment en raison d’un « manque articulation » de l’acteur… le rire n’aidant pas à se faire comprendre, nous sommes bien d’accord). Enfin, bref. Des broutilles donc.
Une pièce éreintante aux interprétations estudiantines (presque) sans faille. Comme quoi, il ne faut pas forcément être un professionnel pour avoir une présence scénique monumentale

* Oui, c’est un mauvais jeu de mots, je sais, j’assume.  
Du 02/03 au 03/03/2011 à la salle Delvaux de l’ULB.

De
Etienne Lepage
Mise en scène: Natalia Perez
Avec Hippolyte Bohouo, Atanasio Cadena, Matthieu Edet, Chloé Houyoux, Rafael Marques, Coraline Pauchard, Marguerite Toussaint et Marisa Ribeiro Soares.

Pour plus d’infos sur la pièce (qui n’est plus jouée que demain!) et les autres pièces du festival consultez le site du T.O.B.

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