Salle d’attente : amour, désillusion et coup de foudre

Salle d’attente est un livre sur le coup de foudre, l’amour… Quand j’ai lu la quatrième de couverture, j’avais beaucoup d’appréhension sur le livre, « ah encore une histoire où tout se passe bien, ils se rencontrent et c’est l’amour », j’avais donc très peur d’être déçue. Et pourtant je fus surprise d’une bonne façon, il est question d’amour et bien évidemment de coup de foudre, mais je n’y ai pas vu que cela. L’auteur évoque aussi la relation, la solitude, les questionnements sur le fait qu’on puisse rester avec quelqu’un sans l’aimer, ce lien qui n’est pas de l’amour mais qui lie deux personnes à force d’habitude.

L’histoire de départ est malheureusement un peu banale de nos jours. Lucie approche la quarantaine, elle a deux enfants et vient de traverser un divorce. Son ancien mari n’était qu’un homme avec qui elle a cohabité, sans véritable amour, mais cela lui a pris 10 ans pour s’en rendre compte. Elle se retrouve seule, dans un petit appartement, et l’ennui s’installe. Non, elle ne veut pas retourner avec son mari, mais la solitude est trop forte, la dépression pointe le bout de son nez. L’auteur nous fait alors entrer dans l’esprit de cette femme qui a encore beaucoup d’années devant elle, mais qui a l’impression d’en avoir gâché pas mal. Et surtout, une femme d’un certain âge qui recherche désespérément l’amour, par solitude et par envie de ressentir à nouveau (pour la première fois ?) ce sentiment:

« Assise entre deux âges, je me retrouve perdue au milieu de nulle part, ni jeune ni vieille, ni belle ni laide, ni mince ni obèse, ni gaie ni triste. Seule. Les enfants sont chez Paul. »

Et là, alors qu’elle se rend chez son médecin généraliste, au milieu de la salle d’attente, un homme. Il est beau, il lui plaît, serait-ce le coup de foudre?

Livre d’environ 130 pages, il se lit assez facilement, 1h30 pour ma part lors d’un trajet en train. L’auteur utilise des récits entremêlés, le présent est abordé et le passé vient s’immiscer pour mieux expliquer la situation actuelle. L’écriture est fluide, avec de nombreuses phrases courtes, ce qui m’a dérangée au début, ayant l’habitude d’une autre écriture. Et pourtant, c’est finalement cette écriture qui donne au récit ce rythme qui fait que jamais l’ennui n’arrive pendant la lecture. On y trouve aussi certains passages érotiques qui pimentent le récit.

Ce livre m’a fait réfléchir sur les relations de couple, sur l’amour, sur ces hommes bons à marier mais un peu « chiants » à vivre. Sur le fait que cette femme rêve d’érotisme, d’amant fougueux, peut-être tout simplement de vivre, après 10 ans de « presque » ennui.

Pas facile pour l’auteur, un homme donc, d’entrer dans la tête de son héroïne. Les grands traits psychologiques sont bien dessinés, seulement parfois, j’ai trouvé que cette femme manquait de profondeur. De plus, quelques références sexuelles qui font référence au corps de la femme et qui m’ont laissée perplexe, les détails n’étant pas tout le temps d’une grande exactitude. Autre petit désagrément: les références culturelles qui m’ont paru parfois un peu dépassées, certes l’héroïne est plus âgée que moi (j’ai 27 ans), mais souvent les personnages ont des références culturelles qui m’ont semblé un peu has-been.

Si ce n’est ces deux remarques, le livre m’a beaucoup plu, parfait pour un trajet en train! Qui plus est, cette lecture fait réfléchir sur les relations de couple et bien sûr, sur le coup de foudre !

Marc Varence, Salle d’attente, 128 p., éditions Méhari, 6,90 €.

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Passionnée par l'écriture, j'ai fait des études de journalisme et me voilà maintenant journaliste freelance et rédactrice (c'est un peu comme une vie de saltimbanque avec de la déontologie et un peu de sérieux en plus!). Parfois aussi je prends ma caméra et j'arrive même à en faire des reportages.

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