Scènes de la vie conjugale: le couple dans tous ses états

Adapté de l’oeuvre de Bergman, Scènes de la vie conjugale est la chronique d’un couple portée par un duo glamour: Laetitia Casta et Raphaël Personnaz.

Actuellement au théâtre de l’œuvre à Paris, cette pièce est porté par un duo glamour, magnétique, fusionnel et envoûtant. Entre complicité et incompréhension, séparation et retrouvaille, Marianne et Johan assistent à la lente désagrégation de leur couple.
Un couple dans tous ses états, dans tous ses ébats, dans tous ses débats qui « avait toutes les cartes pour être heureux » mais qui va se déliter au fur et à mesure du temps qui passe.

Cette œuvre trouve ici toute sa place sur scène tant Bergman était et reste le cinéaste le plus théâtral du 7ème art. Si le film, qui date de 1973, débute par une interview du couple (qui étale son bonheur conjugal pour un magazine people), la pièce commence par du cinéma avec un écran géant qui, comme une apparence trompeuse, diffuse les images d’un homme et une femme à priori heureux de partager leur bonheur avec le public. 

Safy Nebbou, après le film Dans Les Forêts de Sibérie, revient au théâtre et retrouve Raphael Personnaz pour une incursion dans les zones à risque de la conjugalité: un sujet universel et intemporel qui n’a pas pris une ride et trouve aujourd’hui une résonance! En 2017, le public est plus habitué au divorce que dans les années 70.

Son choix de mise en scène, huis clos intimiste et naturaliste (comme une sorte de prison nuptiale) est à la fois dérangeant et radical, mais surtout débarrassé de tout superflu.  Une mise à nu nécessaire comme un écrin pour privilégier le jeu formidable des acteurs (Laetitia Casta, formidable volcan d’émotions !) et servir la puissance du texte. « A mots nus », entre trivialité, poésie et crudité, le couple tente de percer le mystère et l’échec de leur vie conjugale. 

A travers cette autopsie de deux solitudes qui n’ont jamais cessé de s’aimer mais ne peuvent plus vivre ensemble,  usées par ses petits mensonges du quotidien, ses désirs les plus fous, ses déceptions et ses désillusions, cette pièce parvient à nous renvoyer à notre si fragile condition humaine. Une réussite !

Jusqu’au 28 Mai au Théâtre de L’Oeuvre, 55 Rue de Clichy ( Paris, 9ème)
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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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