Scoop exclusif de Taro Maki (Sword Art Online, Patlabor, etc.) & review « In this corner of the world »

Le Festival Anima bat son plein depuis bientôt une semaine. Taro Maki, le fondateur de Genco,Inc. (Sword Art Online I et IIAlien nine, Millennium Actress, Gate,etc.) était présent à Bruxelles pour présenter In this corner of the world, le dernier chef-d’oeuvre du réalisateur Sunao Katabuchi. Une occasion unique de le rencontrer dans l’intimité d’un salon de l’Espace Flagey seulement quelques heures avant la projection dans une salle comble.

In this corner of the world: un succès au Japon et à l’étranger

En ayant gagné le prix 2016 du Kinéma Junpo film Best, In this corner of the world remporte l’an dernier l’équivalent des oscars japonais. C’est la première fois en 28 ans, depuis le célèbre Mon voisin Totoro, qu’un film d’animation remporte le premier prix pour la catégorie film.

En plus, Sunao Katabuchi a reçu le prix de Best Director, une grande première pour la direction d’un film d’animation puisque même le génie Hayao Miyazaki (Le voyage de Chihiro, Princesse Mononoké, Le château ambulant) ne l’a jamais reçu auparavant.

Le synospis et notre avis sur In this corner of the world

En 1944, Suzu, fraîchement mariée, emménage chez ses beaux-parents à Kure, un port proche d’Hiroshima, face à la base navale impériale, constamment sous le feu des raids américains jusqu’au bombardement fatal d’Hiroshima en 1945. La guerre vue à travers le prisme d’une famille japonaise traditionnelle ordinaire, qui se bat au quotidien pour sa survie. Un film sensible sur la grande histoire dans ce « coin du monde ».

In this corner of the world se détache de la plupart des productions nippones par son réalisme bouleversant. Ici, ni effets spéciaux démesurés ni magie. Cet animé, inspiré du manga éponyme, retrace le quotidien de la petite Suzu pendant la dizaine d’années qui précède l’explosion de la bombe atomique à Hiroshima. Il émane une humanité et un réalisme rarement égalés des personnages de ce chef-d’oeuvre du cinéma d’animation japonais.  Le scénario et les dialogues sont aboutis et l’on assiste à un véritable récit de vie. Tous les membres des familles présents dans le film possèdent des personnalités propres, avec des qualités mais également des défauts. C’est probablement ce facteur qui les rend si attachants.

La petite Suzu, l’héroïne de ce récit de vie, émerveille constamment par son caractère altruiste et courageux. Alliant à la fois beaucoup de fragilité mais également énormément de force de caractère, Suzu séduit inéluctablement le public par sa grâce et son innocence. L’aspect historique est également intéressant puisque l’on apprend de nombreuses facettes de la société japonaise dans les années 30 et 40. Avec des graphismes aux couleurs magiques et une poésie dans l’image comme seuls les Japonais savent le faire, il s’agit d’une réussite intégrale. A voir sans hésiter une seule seconde, rires et larmes garantis…

Interview de Taro Maki – Festival Anima 2017 (traduit du japonais par un interprète)

Lors de notre entrevue, Taro Maki a parlé du merveilleux In this corner of the world mais il a également abordé d’autres sujets comme le prochain Patlabor, sa société de production Genco,Inc ainsi que l’avenir du cinéma d’animation au Japon. En fin d’interview, nous avons également reçu un scoop en exclusivité (presque) mondiale: le manga Pluto de Naoki Urasawasera sera adapté en film animé par Genco,Inc.

Douglas Linge: Après avoir travaillé pour Pioneer Ltd, vous avez fondé Genco,Inc. en 1997. Quel était votre objectif en vous lançant dans ce projet? Quelles sont les ambitions de Genco, Inc. près de 20 ans après sa création? Les objectifs ont-ils évolué?

Taro Maki: Mon objectif principal en fondant Genco était de pouvoir diversifier mes champs d’actions et de pouvoir produire des films animés de A à Z. Après 20 ans, notre politique actuelle est de ne plus se concentrer uniquement sur le marché nippon mais de toucher également les fans à l’étranger. La différence par rapport à avant, c’est que nous allons concevoir davantage nos projets en fonction de l’international et ne plus nous limiter à de l’exportation de films conçus uniquement pour le public japonais. 

Vous avez gagné une notoriété mondiale lorsque vous avez produit Patlabor: The movie en 1989. Ce dernier était diffusé à la tv française et il a grandement contribué à populariser le manga et les animés dans notre société. Qu’en est-il du projet de nouveau Patlabor?

Le projet de film du nouveau Patlabor est confirmé. Les graphismes vont évoluer pour correspondre aux exigences actuelles. La plus grande différence entre la version de 1989 et la nouvelle version est l’époque dans laquelle nous sommes. En 1989, une histoire qui se déroule en 2030, c’était loin. En 2017, c’est dans une dizaine d’années.

Je suis grand fan de Sword Art Online (SAO). Des infos exclusives sur le film ou sur une éventuelle prochaine saison?

TM: Nous nous sommes occupés de la production de SAO I et II. C’est une série très populaire…

Quels sont les autres projets de Genco, Inc. dans les mois à venir?

Nous avons de nombreux projets mais je peux vous révéler un scoop exclusif. C’est presque une première mondiale. Vous connaissez le manga Pluto? Et bien nous allons en créer un animé (rire guttural typiquement japonais).

Le cinéma d’animation japonais doit faire face à une concurrence de plus en plus féroce en Asie. Le cinéma d’animation chinois, coréen mais également indonésien et thaïlandais prennent de plus en plus d’ampleur. Quel est votre avis sur la question? Pensez-vous que cette concurrence pourrait mettre en péril le cinéma d’animation japonais?

C’est une très bonne question. En effet, la concurrence des films issus des pays cités est de plus en plus importante. Il semble difficile d’envisager des collaborations artistiques internationales. Par contre, il est possible que l’on finance des productions à l’étranger. J’ai beaucoup d’admiration pour ce qui se fait en Europe. Il y a également beaucoup de talent et de qualité. Je n’ai pas peur pour l’avenir du cinéma d’animation japonais. Notre culture et notre expérience dans le domaine continueront de nous permettre d’émerveiller des générations de fans. Mais oui, nous devrons en effet faire face à une concurrence de plus en plus grande dans le futur.   

Merci beaucoup pour cette interview. Je suis un énorme fan de plusieurs productions. Serait-il possible de prendre une photographie avec vous avant de clôturer cette interview?

In this corner of this worldsam. 4 à 22h00 (Studio 5)
V.O. jap. s.-t. fr. / angl.

Le site officiel du Festival Anima

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