Le sens de la fête selon Eric Toledano et Olivier Nakache

C’est en mai dernier, pendant le Festival de Cannes, que Eric Toledano et Olivier Nakache ont convié les exploitants à une séance surprise pour voir l’un des films les plus attendus de cette fin d’année, Le sens de la fête.

Depuis le succès en 2006 de Nos jours heureux, chronique d’un été en colonie de vacances, tous les films du célèbre duo restent des rendez-vous auxquels les spectateurs répondent toujours présents. En 2011, Intouchables sensibilise à la question du handicap et devient le 2ème plus gros succès du box-office français avec plus de 19 millions d’entrées.

Pour leur 6ème film, les deux réalisateurs ont choisi le thème de la fête : des préparatifs jusqu’à l’aube, le duo nous embarque dans les coulisses d’une fête de mariage pour suivre Max, traiteur de luxe depuis trente ans (autant dire que des fêtes, il en a organisé des centaines !) et tous ceux qui œuvrent dans l’ombre pour rendre ce moment inoubliable.

Comme chacun de leur film, Le sens de la fête est une invitation croustillante et savoureuse. Une fête où, avec son lot de bras-cassés, ses loosers, son DJ raté et son mari mégalo (et aérien), rien ne va vraiment se passer comme prévu…

Un beau film chorale qui va vous révéler toutes les astuces de l’art de la réception, jalonné de personnages farfelus avec ses failles et ses faiblesses: aux côtés de Jean-Pierre Bacri (Max, traiteur intraitable qui ne maîtrise pas très bien son portable et les SMS), on retrouve Jean-Paul Rouve (11 ans après avoir incarné Vincent Rousseau dans Nos jours heureux) excellent en photographe looser, pique-assiette et accro à la vaporette, Gilles Lellouche et son orchestre le « James Live Band », Vincent Macaigne, dépressif lunaire, ou encore Helene Vincent en belle-mère attachiante.

Si on retrouve une pléïade d’acteurs connus qui rappelle l’esprit de troupe, il y a aussi de très belles révélations comme l’irrésistible Alban Ivanov (le serveur maladroit), Eye Haïdara (Adèle la pénible), William Lebghil, Benjamin Lavernhe de la comédie française (dans le rôle du marié arrogant) ou le jeune Gabriel Naccache (l’assistant stagiaire du photographe).

Un film collectif et joyeux avec des dialogues ciselés, des répliques percutantes, tous les ressorts d’une comédie rythmée et réussie qui soulève aussi des questions et parle de notre société de manière subtile et bienveillante.

Car ici, nous sommes chez les Toledano-Nakache (bien loin des comédies de Dubosc and co): pas de vulgarité, manichéisme ou caricature mais une belle comédie sociale.

Le sens de la fête est définitivement un film optimiste qui aborde à la fois les questions du vivre ensemble, de la famille, du monde du travail et délivre aussi des astuces savoureuses pour sauver une soirée; vous ne verrez plus les feuilletés aux anchois de la même manière !.

Si on pense aux grandes comédies italiennes, à certains films de Woody Allen ou à Cuisines et dépendances d’un certain Bacri (et Jaoui) c’est surtout un très bon film signé Toledano et Nakache !

La Fête commence le 4 Octobre au Cinéma !

 

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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