Sentinelle – Théâtre des Riches Claires

Sentinelle est une pièce sur la lutte, sur la résistance, et sur l’espoir. Sur les fêlures et les rêves de cinq enfants, perdus sur une barricade qu’ils s’obstinent à garder et protéger, armes au poing, au milieu de nulle part. Contre qui, contre quoi, depuis combien de temps se battent-ils? On ne le saura pas, ils ne le savent plus eux-mêmes, perdus dans un monde sans aucun repère, qui fait penser à Bekett et son En attendant Godot. L’autre camp, les adversaires invisibles et fantasmés, sont leur seul point d’ancrage, menace latente qui soude leur union.

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En choisissant le texte de Philippe Beheydt (qui a également co-écrit De mémoire de Papillon, dont nous vous parlions ici en bien), Maroine Amimi choisit d’aborder, au-delà du sujet des enfants soldats, la question difficile de l’existence, de ses ressorts et de ce qui nous fait tenir debout. Comment la petite troupe s’imagine-t-elle un avenir dans ce décor en ruines? Quels sont les rêves de ces enfants sacrifiés, dans un monde ultra-violent et sans issue ? Les cinq personnages sont coincés entre la barricade, immense amas de palettes au fond de la scène, et le public. L’espace dans lequel ils évoluent est restreint, comme pour souligner le peu de marge de manœuvre laissé à la jeunesse pour décider de son avenir. La scénographie est simple mais efficace, habilement mise en valeur par un jeu de lumières qui diffusent au travers de l’amoncellement de bois.

Les personnages s’impatientent, tels les gladiateurs dans l’arène : dans ce vase clos, on les sent s’agacer, on les observe se défier, on les regarde se questionner. Les tensions naissent, l’autorité historique de Hilal est peu à peu remise en cause. Le groupe est au bord de l’explosion. Et si toute cette histoire n’était que du vent ? S’il n’y avait personne de l’autre côté ? Les cinq acteurs interprètent chacun avec conviction et enthousiasme leur personnage, même si le jeu manque parfois de quelques nuances et de retenue, à l’image du texte qui verse parfois trop dans la puérilité et les enfantillages gnian-gnian.

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Si la mise en scène, très simple, rend parfaitement le sentiment du cloisonnement et du manque de perspectives, on pourra regretter que, par manque de place, elle en devienne parfois répétitive, tant par les jeux de lumières, ouvrant l’espace à l’introspection, que par les interactions et mouvements des comédiens, assez circulaires.

Sentinelle reste somme toute un bon moment de théâtre, duquel on ressort en nous posant, nous aussi, tout un tas de questions existentialistes.

Sentinelle

Du 06 au 22/11 au Théâtre des Riches Claires

De : Philippe Beheydt

Mise en scène : Maroine Amimi

Avec : Camille Schotte, Jonas Claessens, Vincent Sauvagnac, Arnaud Van Parys etNoha Choukrallah

Scénographie et costumes : Jennifer Chabaudie

Son : Lionel Polis

Création lumière : Nicolas Verfaillie

Maquillage : Laurie Van Laethem

Durée : 1h10

Tarifs : de 6€ à 16€

Plus s’infos sur le  Théâtre des Riches Claires

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Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

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