Sexisme, jugements : c’est quand qu’on pourra s’habiller comme on veut ?

J’ai plein de choses à dire quand il s’agit de vêtements, de sexisme ou des comportements humains. Tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer. Dois-je parler de mes expériences personnelles ? Dois-je appuyer mes propos par des chiffres et théories sérieuses ? Dans tous les cas, je ne pourrai pas traiter le(s) sujet(s) exhaustivement. Alors je vais prendre un simple exemple comme point de départ pour dénoncer quelque chose qui me révolte.

Il y a quelques jours, l’article ci-dessous est apparu dans mon fil d’actualité Facebook. Il s’agit d’un article publié par un média sérieux, La Libre Belgique.

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Un article qui parle de la longueur d’une putain de robe. Je cite : « Ce qui a marqué, c’est que la première dame française portait la plus courte des robes comparée à celles des autres épouses qui avaient fait le déplacement.. On voyait clairement ses genoux ! Alors même si avec ses belles jambes fines, elle peut se le permettre, peut-être aurait-elle dû davantage réfléchir à la façon dont les autres femmes seraient habillées ? »

En 362 caractères, espaces compris, le ou la journaliste a insinué 3 idées qui me mettent en colère :

  1. Le fait qu’on doive cacher son corps (ses genoux !) sous peine d’être coupable de déclencher une épidémie d’érections
  2. Le fait qu’il y ait des vêtements qu’on peut se permettre et d’autres pas, et cela, en fonction de notre poids et de notre génétique
  3. Le fait qu’on doive s’habiller comme nos pairs parce que bordel, la conformité, c’est la vie.

Non-non-non, les filles ! Si certains vêtements vous mettent en effet plus en valeur que d’autres, vous avez aussi le droit absolu de porter ce que vous voulez, et tant pis pour ceux à qui ça ne plaît pas ! Ne choisissez pas vos vêtements avec la peur de choquer autrui. Ne cherchez pas à rentrer à tout prix dans le moule. Vous deviendrez juste tarte.

Revenons-en à notre article. Un internaute a posté ce commentaire aussi hilarant que pertinent : « C’était vraiment très passionnant comme article. Vraiment. J’aurais aimé néanmoins plus de précisions, de travail journalistique avec, je ne sais pas par exemple la mesure exacte entre le sol et la jupe de Brigitte Macron ou la nomenclature qui dicte la longueur des vêtements avec laquelle les femmes sont autorisées ou non à s’habiller. C’est un peu léger comme travail (bien plus que la robe de Brigitte Macron)« . Et là, on a lui a objecté ceci : « ça n’a rien a voir avec ce que les femmes sont autorisées ou non à porter. Si monsieur Macron était habillé en short tongues et marcel il serait tout aussi critiqué. Dire que quelqu’un n’est pas élégant n’est pas sexiste. (…)« .

Avec tout mon respect, je vais répondre ici à ce dernier commentaire.

  1. C’est sûr, les hommes sont également soumis au jugement et leurs choix vestimentaires ne sont pas toujours épargnés. MAIS : les femmes sont plus souvent ciblées. Je n’ai pas de chiffre là, sous la main, mais voici un exemple : lorsque la présentatrice TV Lisa Wilkinson porte le même haut deux fois en quatre mois, le monde arrête de tourner. Mais lorsque son collègue masculin Karl Stefanovic porte le même costume jour après jour, tout le monde s’en branle (un article sur le sujet ici, en anglais). Il y a donc un réel problème de sexisme appliqué à l’habillement.
  2. Brigitte Macron ne portait pas un short et des tongs mais une tenue tout à fait adaptée aux circonstances et à sa fonction (si on part du principe que les premières dames « doivent » s’habiller d’une certaine façon). Bref, faut pas mélanger les torchons et les serviettes.
  3. Si Monsieur Macron ou qui que ce soit d’autre sort en « short, tongs et marcel », je peux imaginer que cela suscitera des commentaires. Un peu comme un invité qui se ramènerait en jeans-baskets à un mariage : c’est inattendu et « hors thème ». Sauf qu’un président doit être jugé sur son travail, pas sur ses habilités vestimentaires. Si Emmanuel Macron arrive à redresser l’économie française, voire à sauver la galaxie en chemise hawaïenne ou tutu rose, c’est le principal, n’est-ce pas ?

Bref, je suis toujours la première à dire que l’habillement n’est pas un sujet superficiel. Mais quand il s’agit de critiquer gratuitement, de pointer du doigt et de faire preuve de sexisme, oh oui que ça l’est.

Article initialement paru sur Ixelloise Chic

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Clara, la vingtaine avancée, passionnée de style, voit la mode comme un moyen de se mettre en valeur et de se sentir mieux dans sa peau. Dans la "vraie vie", travaille comme copywriter et community manager.

1 Comment

  • C’est un bel exemple en effet, symptomatique voire caricatural des tabous d’une société dite pourtant moderne et évoluée : le couple Macron, avec son déferlement de critiques personnelles parfois relayées par une presse plutôt « people » et surtout propagées par une presse plutôt « russe » (je n’ai jamais cité RT et sputnik) : pêle-mêle, je citerais de façon non exhaustive :
    – pour Madame : trop blonde, trop bronzée, perruque, « cagole », vieille, pas à sa place, bourgeoise, alibi, mamie(!).
    – pour Monsieur : trop jeune, « bébé », homo refoulé, pervers, « Micron »
    Il parait très normal que Mélania (47 ans) (par ailleurs vêtue d’une très jolie robe patineuse « belle des champs » pour le 14 juillet) partage le quotidien de M. trump (71 ans) mais l’inverse fait scandale et ne peut dissimuler que l’homosexualité du président (encore un tabou) par une union factice ou la perversion d’un couple pointée dans un débat national par son adversaire politique Marine Le Pen qui semble s’y connaître en jeux érotiques (je cite « je sais que vous aimez jouer à l’élève et au professeur, mais ce n’est pas mon truc » – ça volait haut ce jour là ! -)
    Plus fort, nombre de critiques concernant Brigitte Macron parues dans la presse sont émises par des journalistes féminines à l’instar du « cagole » de la chroniqueuse de Grazia ou du « jupe la plus courte » de la Libre Belgique (rédaction lifestyle, càd Elodie Weymeels).
    après il ne faut pas s’étonner que la présidente du parti chrétien-démocrate Christine Boutin s’offusque de l’appel des 17 députées contre le harcèlement sexuel qu’elle rebaptise « gauloiserie ».

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