Shuka, pause iranienne à Ixelles

Le ventre de Persépolis

S’il n’est pas rare de croiser un restaurant libanais ou même turc, les devantures annonçant de la cuisine perse sont, elles, plus inhabituelles. Dommage quand on sait que cette gastronomie, méconnue, est à la fois fine, variée et riche de ses mélanges d’épices et d’herbes fraîches. Pour situer rapidement, la cuisine perse et plus particulièrement iranienne (l’empire perse trouve en effet ses racines dans le sud de l’Iran) consiste souvent en l’association d’un riz et d’une viande en sauce ou en kabab. Les sauces tout comme les accompagnements font la part belle aux légumes (oignons, aubergines, tomates…) et aux fruits (grenade, prunes, cerises, raisin). Ni cuisine du Maghreb ni cuisine méditerranéenne, elle est un hybride à explorer sans retenue !

Dans une rue peu passante, avec ses airs de snack et sa décoration plutôt quelconque, Shuka n’est, à première vue, pas le genre de petit restaurant charmant et authentique dont vous auriez rêvé. Pourtant, il suffit de quelques mots du patron et d’un coup d’œil sur la carte pour comprendre qu’on ne s’est pas trompé. Composée essentiellement de kabab, la fameuse brochette de viande hachée et assaisonnée, de quelques mezzés et d’un plat plus élaboré par jour de la semaine, il n’y a pas de place ici pour le superflu et le surgelé.

Viande juteuse recherche estomac affamé

Nous décidons de rester classiques. Mon compagnon de fourchette commande l’assortiment de mezzés et moi le kabab koubideh (brochettes d’agneau et bœuf). Autour de nous, on parle farsi, français, flamand, allemand. Les plats arrivent, copieux, colorés et surtout diablement parfumés ! Les brochettes façonnées maison sont moelleuses, assaisonnées à la perfection et juteuses. Un filet de citron sur le riz blanc aérien et le tour est joué. Côté assortiment de mezzés il faut avoir le palais un tantinet plus entraîné : caviar d’aubergines à l’ail et aux noix (kashk e badenjan), omelette aux herbes (kuku sabzi), salade de pommes de terre au poulet, yaourt au concombre (mousir). Les saveurs sont suaves et le sucré-salé parfois très marqué, peut-être légèrement déséquilibrées pour le goût européen mais encore une fois, quel délice ! On trempe son pain (une galette souple) avec plaisir.

A la fin du repas ne demandez pas de café (il n’y en a pas) mais plutôt un verre de chai, un thé noir aux épices véritable boisson nationale en Iran. L’addition est douce : de 3 à 7 € pour une entrée seule, 14 € pour un plat (plat du jour ou kabab seul), 19€ le kabab mix XL (dont vous devriez avoir du mal à vous relever).

Le salut est dans la simplicité et l’équipe du Shuka l’a bien compris. A la fois point de rendez-vous pour les expatriés du Moyen-Orient et repaire de gourmets, cette adresse vaut bien de délaisser pour un temps son thaï ou ses ramens préférés.

Pour reproduire les saveurs à la maison vous pouvez vous fier aux livres de la cheffe Sabrina Ghayour : Persiana (assez traditionnel mais tout à fait accessible) et Sirocco (une version modernisée et cosmopolite de la cuisine perse).

Shuka
Rue de Stassart 47, 1050 Ixelles
+32 2 502 90 98
Ouvert du lundi au samedi de midi à 19h

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Je n'aime pas choisir donc un peu de tout : des expos, des livres, des concerts, et surtout beaucoup à manger !

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