Un singe qui en cache d’autres

Le boulevard de Waterloo sent déjà le succès de l’exposition de Bonom à l’Iselp. A l’intérieur, il est difficile d’avoir le luxe de contempler réellement les œuvres car le public est présent en nombre. Certains amateurs confient ne pas avoir le courage d’emprunter la passerelle qui emmène les visiteurs vers la suite de l’exposition des photos de Ian Dykmans et des dessins de Bonom. Il est vrai que les fans étaient présents en nombre pour supporter Bonom, soutenir les créations urbaines.

Il est difficile de vivre à Bruxelles sans avoir eu la surprise de découvrir un morse, un singe, un renard, un oiseau ou une araignée peint sur une façade de manière simple (l’illégale l’impose) mais toujours intéressante. Ces animaux ont créé la notoriété de l’artiste même si, dernièrement, les médias évoquaient plus volontiers ‘l’Origine du monde’ réinterprétée par Vincent Glowinski sur un immeuble de l’avenue Louise. Le portrait de son père, à quelques pas de la porte de Hal, a également fait couler de l’encre.

origine du monde

Les photos de Ian Dykmans, qui a suivi le peintre lors de différentes virées nocturnes, ont un grain fort et il est facile d’imaginer les difficultés de réaliser des clichés lors des interventions de Bonom, ce singe boiteux. Sur les toits, la nuit, la lumière est plus rare et tous les singes sont gris. Les photos plongent les spectateurs dans l’ambiance, visuelle du moins, de la réalisation de ces peintures monumentales. Car, Vincent Glowinski, comme un serpent, agit rapidement. Un beau matin, une façade de la cité administrative se voit recouverte d’un renard dévalant vers le sol tandis que sur une autre, c’est une cigogne qui surplombe la ville. Les photos sont nombreuses mais laissent place également aux projets et dessins de Bonom qui restent les éléments attendus. Le public y verra la façon de projeter  le dessin sur le support final ; mur, bâche d’échafaudage ou palissade en bois.

On peut regretter l’absence de projets plus anciens comme le chat-squelette qui court vers la gare d’Etterbeek, cette toile vierge encadrée qui ordonne « Placez votre graff ici »; œuvres réalisées avec Lork qui avait également participé à l’élaboration du fœtus géant, placé sur une bâche d’échafaudage en face de la cathédrale Saints Michel et Gudule. C’est ce travail qui a poussé le photographe à chercher la personne qui se cachait derrière le nom de Bonom pour pouvoir le suivre dans son travail. Dans la salle inférieure, des dizaines de dessins recouvrent les murs ; des araignées qui deviennent méduses, non sans rappeler la peinture que l’artiste a réalisée à Bangkok sur un mur de plus de 30 mètres de long.

Une exposition dont les Bruxellois avaient visiblement besoin au vu du nombre de signataires de la pétition mise en ligne en 2010, lorsque Vincent Glowinski était menacé par la justice.

Du 24 janvier au 22 mars 2014. Du lundi au samedi de 11h à 18h30. Nocturnes les jeudis jusqu’à 20h.

A l’Iselp – Boulevard de Waterloo, 31 b à 1000 Bruxelles

 Plus d’infos sur le site de l’Iselp

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Peintre, écrivain en bâtiments.

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