Skyline + Antichronique

« Nous avons le plaisir de vous informer que le Cercle OPAC (Organisation et Promotion des Arts et de la Culture) organise le mardi 3 mai prochain un concert à la Médiathèque de l’ULB dans le cadre de nos NUITS OPACLes deux groupes qui se produiront dès 19h45 sont Skyline et Antichronique. »

Nous ne pouvons entamer cette critique sans un sérieux coup de gueule. D’aucuns nous traiteront de rigide et de tatillonne, qu’importe. 
 
En tant que perpétuelle retardataire, me démener comme un beau diable pour arriver (à peu près) à l’heure et devoir attendre pratiquement une heure me broute très largement. Lorsqu’il s’agit d’événementiel, je ne trouve pas ça très sérieux. Quel intérêt de préciser que les concerts débutent à 19h45 si, à 20h30, ils commencent seulement à vérifier les retours? Bref, chers Opaciens, si vous pouviez tenter une régularisation de l’organisation temporelle, ce serait nickel!
 
Continuons avec Skyline:
 
Maîtrise instrumentale et vocale indéniable. Ils hésitent encore un peu, font quelques erreurs mais ne se prennent pas trop la tête et les acceptent avec le sourire. De très bonnes reprises – passant de Beyoncé à Kiss par Alicia Keys et Lauryn Hill – ponctuées de quelques compos personelles, au niveau setlist, nous sommes en effet gâtés. Toutefois (car il y a toujours un « mais », surtout ce mois-ci), leur présence scénique quasi-nulle donne une impression de trac insurmontable ou de malaise ambiant. Que les musiciens soient totalement concentrés sur leurs accords passe encore (même si cela reste franchement dommage) mais que la chanteuse n’interagisse ni avec ses chansons ni avec son public est tout bonnement impardonnable lors de concerts. Résultat: un public indolent, écoutant, certes, la musique, mais ne jetant qu’un coup d’oeil aux performances du groupe. Peut-être ne sont-ils pas encore habitués à la scène mais en musique, c’est comme au théâtre, il faut vivre son personnage et regarder son public droit dans les yeux.
 
Ainsi Miss Galland a du potentiel, c’est irréfutable, mais ses chansons ne vivent pas en elle, son visage n’offrant aucune expression – ou presque – et ses yeux évitant d’en croiser d’autres, et elle laisse dès lors son public sur sa faim, incapable de l’approcher, aussi froide qu’un glaçon. Et puis, la faute ultime: ne sourire qu’à ses deux groupies de premier rang, comme si le reste du public était du crottin. Keyla a pourtant un beau sourire, pourquoi ne pas en faire profiter les autres?
 
Si Skyline a quelques soucis de présence scénique, ce n’est clairement pas le cas d’Antichronique dont ils devraient très probablement s’inspirer. Déconne, humour, motivation, ils ont tout ce qu’il faut pour faire sourire, rire et bouger le public. En outre, on ne peut pas le nier: ils sont très bons. Deux chanteurs, une alternance entre moments calmes et passages plus rock voire psychédéliques, de nombreux instruments (parfois incongrus), de la distorsion, un mélange de langues utilisées… Dans le genre expérimental et touche-à-tout, on est servi! Seul bémol: la longueur des chansons. Je ne suis pas contre les longues chansons mais cela a l’inconvénient notable de risquer de lasser le spectateur et une alternance finement dosée me semble plus probante qu’une setlist de chansons ne faisant jamais moins de 7 minutes…
 
Une soirée somme toute agréable, malgré un lieu très moyennement adapté aux concerts (la médiathèques) mais offrant la possibilité de faire le tour, six fois, des CD et DVD en stock. Après tout, ça peut toujours être utile!

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