Soda, résurrection entre deux tours

Ca y est! Enfin! David Solomon a ressorti les guns et la soutane dans les rues de New York et reprend du service après presque dix ans d’absence dans le paysage de la bande dessinée franco-belge. Avec toujours Tome à la plume (pourtant chargée à balle de guerre) et un petit nouveau, issu de l’ombre des ateliers mais loin d’être dépourvu de talent, Dan Verlinden pour succéder à Bruno Gazotti (très occupé sur sa best-seller de série Seul) et devenir le troisième dessinateur.

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Pour une treizième aventure qui démarre en trombe et risque de laisser son impact (bien plus que celle des balles). Soda ne pouvait rêver plus fracassant retour. Un album où le passé n’a jamais été aussi important depuis un certain jour de septembre 2001 tout en ayant évolué, en étant envahi de drones de surveillance et alors qu' »une autre Babel a remplacé l’ancienne« . Et même si la reconstruction a pris place, il en reste une grande pour la mémoire (l’ancien coéquipier de Soda, Pronzini, disparu dans les tours), pour la mémoire et la… vigilance. Ainsi quand le lieutenant est mis sur la piste d’un terroriste à la Chamber’s Station, son sang ne fait qu’un tour, pour protéger sa nation mais aussi sa… mère, sérieusement menacée.

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Peut-être est-ce dû à son absence, mais ce Soda-là semble plus noir qu’à l’accoutumée, citoyen d’une époque où se sont imposés les Dark Knight, les super-héros tourmentés. Peut-être mais aussi parce qu’on ne peut pas faire ouvrage de clarté, même 13 ans plus tard, d’un événement qui a changé la face d’un quartier de New York mais aussi d’un monde occidental jusque-là insouciant. Et Soda, bien dans son époque de l’être peut-être moins aussi.

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Heureusement, il n’a pas trop changé non plus (et ses truculents collègues non plus d’ailleurs, mention spéciale à l’hilarant Bab’s), et le dessin de Dan a pris au pied levé la relève de Bruno Gazotti, tandis que Tome est fidèle à ses (bonnes) vieilles habitudes jouant d’humour (une scène de tennis hilarante) et d’intelligence. Les planches sont toujours cernées de noir et le découpage toujours aussi surprenant et magistral. Quant à la peur insufflée dans le regard de Soda, le temps d’une case, rares sont les regards de BD nous ayant percés à ce point. Et ce suspens des dernières cases? Intenable et laissant prévoir une suite. Mais pourvu qu’elle arrive vite. Car Résurrection, c’est bien plus qu’une continuité, c’est une renaissance, le premier acte d’une pièce d’orfèvre ébranlante et qui ne nous laissera pas indemne.

17/20

Tome et Dan, Soda, Tome XIII: Résurrection, Dupuis, 44 pages (+un dossier de documentation), 12€.

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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