Sortie de scène

« Pierre Monceau, la soixantaine, auteur de comédies à succès, a décidé de ne plus écrire ‘du théâtre digestif’ ! Il consacre son fiel à des essais polémiques et autres lettres ouvertes aux grands patrons, aux directeurs de chaînes et aux hommes politiques. La maladie lui laisse assez de souffle pour se disputer avec sa gouvernante-secrétaire-infirmière qui ne craint pas de lui répondre. L’arrivée inattendue d’une jeune nièce dépressive va obliger ce misanthrope professionnel à aller refaire un tour du côté de l’humour.Chez Nicolas Bedos, la filiation dramatique est à chercher du côté de Molière et Anouilh. Dans Sortie de scène, il invente des personnages de chair, avec leurs contradictions et leurs humeurs. La réplique jaillit, acérée, car il maîtrise l’art du dialogue et construit une véritable comédie de mœurs. »

Et voilà, nous y sommes, peut-être la pièce que j’attendais avec le plus d’impatience pour cette saison aux Galeries. Pourquoi ? Parce qu’elle vient de la plume de Nicolas Bedos. J’ai découvert le personnage dans l’émission Semaine critique!, diffusée en 2010 tous les vendredis soirs sur France 2. Dans cette émission Bedos avait une chronique : la semaine mythomane. Autant dire que c’était du caviar (les vidéos se trouvent très facilement sur le net) et que je suis vite devenu admiratif de l’homme.

Le pitch de la pièce est assez simple, un ancien virtuose de scénarios humoristiques, blasé par la condition humaine, se met à écrire des pamphlets et autres. Au fil de l’histoire il rencontre sa nièce qui, à 20 ans, a déjà presque le même regard que lui sur la société. Mais je vous rassure tout de suite, pas de tirades socio-politiques, ou de moralisation sur le monde actuel. Juste un homme, Pierre Monceau, d’un cynisme à toute épreuve, qui est fâché contre la Terre entière. Pour contrebalancer cette mauvaise humeur, il y a Jeanine, la femme de ménage qui, avec son accent du sud, et ses petites remarques, est certainement le personnage le plus comique de la pièce. Celui qui lui apporte sa légèreté.

On découvre un peu plus tard la nièce de Monceau, qui a aussi son petit caractère. Désabusée par sa vie en campagne, elle aspire désormais à vivre une jeunesse des plus épanouissantes dans la capitale française. Enfin Cybal, un jeune écrivain qui tente de se faire une place mais qui n’est pas assez talentueux, alors il se bourre la gueule tous les soirs. Le dernier personnage, Antoine Crol, est, pour moi, complètement négligeable tant il n’apporte rien à la pièce ni même vraiment au niveau de l’évolution des personnages. Je pense d’ailleurs que si je croise un jour Nicolas Bedos dans la rue, je lui demanderai de m’expliquer la présence de ce personnage et son intérêt.

On a bien les personnages, mais au fait, la pièce en elle-même? Personnellement, j’ai retrouvé ce que je venais y chercher : du Nicolas Bedos. Peut-être encore un peu jeune et pas forcément le plus abouti, mais la patte du maître est déjà bien présente. Son cynisme sur la société présent dans le rôle de Monceau, son sentiment envers les gens de sa profession avec Cybal, ses rêves de liberté avec Camille et enfin son humour avec Jeanine (non, vraiment Crol ne sert à rien).

Mais, pour ceux qui ne savent pas, qu’est-ce que c’est du Nicolas Bedos? C’est des injures, des emportements, des phrases bien senties ou chocs – « La connerie c’est le somnifère du pauvre » – et un peu de mégalomanie pour couronner le tout. La pièce se terminant d’ailleurs sur un « L’imbécile », imprévisible comme il faut avant le tombé de rideau.

Alors finalement qu’en penser? Personnellement j’ai adoré, et j’entendais Bedos à travers les dialogues. Mais bien évidemment, ce n’est peut-être pas le style de pièce qui conviendra à tout le monde. Il faudrait presque une grille de lecture pour saisir les différents aspects de la pièce. Néanmoins, je ne peux que vous conseiller, encore une fois, de vous rendre aux galeries cette fois-ci. Loin des pièces conventionnelles, celle-ci nous emmène dans un univers tellement différent que ça en devient prenant.

Du 13/02 au 10/03 au Théâtre des Galeries.

De : Nicolas Bedos.

Mise en scène : Jean-Claude Idée.

Avec : Jean-Claude Frison, Marie-Hélène Remacle, Damien De Dobbeleer, Frédéric Nyssen, Lisa Debauche.

Plus d’infos sur les site du Théâtre des Galeries.

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