St. Vincent de Theodore Melfi

Certains rôles sont destinés à être joués par des acteurs bien précis. Bill Murray fait partie de ces comédiens qui marquent la pellicule. Il aurait pu camper ce clown dépressif les yeux fermés, et pourtant il délivre beaucoup dans ce film. En vérité, tous les acteurs dans St. Vincent sont à leur meilleur et parviennent à maintenir cette comédie très plaisante et remplie de bons sentiments, malgré quelques stéréotypes un peu trop guimauves. A noter que le scénario a été écrit en 2011 par Theodore Melfi, auteur-réalisateur-producteur du film, et faisait partie de la « Hollywood black list » des meilleurs scripts non produits à ce moment.

st-vincent 2

Vincent McKenna est un vieil alcoolique solitaire, ronchon, adepte des jeux de hasard, fumeur invétéré et à l’habillement douteux. L’histoire commence quand emménagent ses nouveaux voisins, Maggie (McCarthy), mère célibataire et son fils Oliver (Lieberher). Vincent va bien rapidement en devenir le babysitteur, dû au travail de la mère et par nécessité d’argent. Et aussi parce que, sinon, il n’y aurait pas eu de film. Le duo Murray-Lieberher fonctionne très bien, nous ballotant entre mélancolie et grand sourire. McCarthy, quant à elle, est loin de son terrain habituel, jouant une mère accablée, au caractère honnête, en particulier dans une scène, dans cette école religieuse, où elle dévoile toutes ses émotions à une conférence parentale. Le film offre aussi un rôle rare à Naomi Watts, dans son accoutrement de « dame de la nuit » enceinte et extravagante, à l’accent russe improbable.

Appliquant la bonne vieille recette de la narration épurée, aux sous-intrigues quasi inexistantes, le film ne s’essouffle jamais. Melfi s’est aidé d’une superbe bande-son, incluant Jefferson Airplane et Bob Dylan. On appréciera cette scène cathartique où Murray, en totale improvisation, marmonne Shelter from the Storm, une cigarette au bec, en arrosant une plante déjà morte. En fait, elle décrit parfaitement le style du film.

Aucun autre acteur n’aurait pu jouer ce Vincent McKenna, même si une rumeur court que Melfi l’avait d’abord proposé à Jack Nicholson. Bill Murray est indispensable à ce cinéma plus intimiste, à l’écart de l’industrie hollywoodienne. Ce cinéma classique mais sincère qui vous file la pêche quand arrivent les crédits de fin.

Une comédie dramatique conventionnelle mais soignée. Obligatoire pour tous les fans de Bill Murray.

St. Vincent de Theodore Melfi. Avec Bill Murray, Melissa McCarthy, Jaeden Lieberher. The Weinstein Company. 102min.

Written By

Je suis un des prototypes personnels de Dieu. Un mutant à l'énergie dense, jamais conçu pour la production en série. Trop bizarre pour vivre et trop rare pour mourir. --Las Vegas Parano

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *