Stéphane Ginsburgh – Prokofiev : Sonates de guerre

« Sergueï Prokofiev conçut initialement les trois sonates dites « de guerre » comme une immense forme en onze mouvements avant de revenir à une division plus classique. Le gigantisme sonore qui les caractérise se double d’un retour au style acerbe et orageux, voire brutal qui caractérisait ses jeunes années. Le compositeur laisse cependant percer des éclaircies lyriques tout en évitant le sentimentalisme rachmaninovien qu’il rejetait avec véhémence. »

L’idée de présenter en bloc les trois sonates pour piano dites « Sonates de guerre » de Prokofiev soit les sixième, septième et huitième, entreprises toutes trois au début du conflit mondial de 1939-45 et créées l’une après l’autre pendant les hostilités, est assez audacieuse. Stéphane Ginsburgh, musicien originaire de Bruxelles dont on loue le jeu aussi pudique qu’impliqué ainsi que la grande maturité et l’audace, a ainsi choisi de faire ce soir de ces trois sonates un unique programme. Voulant ainsi créer une unité, il rejoint les commentateurs qui voient là «une immense sonate en 11 mouvements». Sa technique solide lui a permis de rendre grâce à cette musique acrobatique et lyrique, et de donner à voir toute la sensibilité de ces opus 82, 83 et 84.

Est souvent émise l’idée selon laquelle la vie de Prokofiev ressemble beaucoup à son art. Il hait certaines règles de la musique et s’oppose aux disciplines de son époque, et les trois « Sonates de guerre » en sont un bel exemple : agressives, tranchantes, rapides, angoissées, elles semblent donner, de manière prémonitoire pour l’époque, un avant-goût de ce que l’histoire allait écrire quelques années plus tard.

La Sonate pour piano n° 6 en la, op. 82, sixième des onzes sonates pour piano écrites par Sergueï Prokofiev, est reconnaissable à son triolet rapide que l’on retrouve dans chacune des parties.

La Sonate pour piano n°7 est sans aucun doute la plus connue, plus particulièrement le troisième mouvement, et ses aspects jazzy adoucissent de manière opportune la furie du morceau.

La Sonate pour piano n° 8 en si bémol majeur, op. 84, enfin, vient clôturer ce triptyque de manière dramatique. Prokofiev disait : « Le mérite principal de ma vie (ou, si vous préférez, son principal inconvénient) a toujours été la recherche de l’originalité de ma propre langue musicale. J’ai horreur de l’imitation et j’ai horreur des choses déjà connues ». Cela s’est bien ressenti dans le Studio N°1 de Flagey, où l’interprétation et la virtuosité de Stéphane Ginsburgh ont su donner aux trois opus toute leur dimension.

C’est avec un plaisir toujours renouvelé que le public assiste aux concerts donnés à Flagey pour fêter les 75 ans du centre culturel. La salle du Studio N°1 se prête particulièrement bien à l’exercice, donnant l’opportunité au public de découvrir de nouvelles interprétations, de nouveaux concertistes. Après le magnifique concert d’Ivo Pogorelich, c’est avec impatience que je me prépare au premier concert de Jean Bernard Pommier.

A l’Espace culturel Flagey, Pkace Flagey.

Avec : Stéphane Ginsburgh.

Programme : Sergueï Prokofiev,Sonate n°. 6 en la majeur. Sergueï Prokofiev,Sonate n°. 7 en si bémol majeur. Sergueï Prokofiev,Sonate n°. 8 en si bémol majeur.

Tarif : 10€.

Durée du spectacle : 1h30 min.

Pour plus d’infos sur le Cycle Piano de l’espace culturel Flagey, et sur la programmation de « Flagey 75 » : www.flagey.be

Prochaines dates à retenir pour le Cycle Piano :Beethoven Complete Sonatas par Jean-Bernard Pommier – 8 concerts entre le 26/05/2013 et le 15/10/2013.

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