Teenagers and Tortured Monsters’ Mania

Dans le cadre de mon travail, j’ai été amenée à lire divers bouquins pour adolescents. Certains reposent la question, apparue avec Le seigneur des anneaux et Harry Potter, suivante : pour quelles raisons les jeunes sont-ils invariablement attirés par le merveilleux ? Faisant partie des-dits jeunes, j’ai tenté d’y répondre, il y a quelques années (le texte sera probablement réédité sous peu), toutefois, considérant Tolkien et Rowling comme des auteurs riches et dont les apports de la lecture me semblent non négligeables, je reste mitigée quant à l’intérêt intellectuel de certaines grandes sagas qui font l’unanimité de la jeunesse actuelle. Pour illustrer mon propos, voici le résumé et la critique de Doppelgänger de David Stahler Jr.

Un doppelgänger tue. C’est dans sa nature… Question de survie! Mais celui-ci n’est pas comme les autres. Bien que répugnant à tuer un être vivant, il se retrouve pourtant à ôter la vie à Chris Parker et à prendre son apparence… À partir de cet instant, le doppelgänger-Chris, accablé par la culpabilité de son acte, s’évertuera à mettre de l’ordre dans « sa » vie et réparer les erreurs de son prédécesseur. Ainsi, il tentera de reconquérir Amber, sa petite amie déçue du comportement du vrai Chris, dont il tombe également amoureux mais aussi, de renouer les liens familiaux défaits depuis longtemps entre les Parker… Malheureusement, son temps en tant que Chris est compté…

Doppelgänger ? Quel mot étrange ! De quoi faire un titre plutôt accrocheur, n’est-ce pas ? Et c’est exactement l’effet qu’il produit. Mille et une questions se bousculent au portillon du cerveau du lecteur qui prend ce livre en main, hésitant à l’acheter. Aurait-il raison ?

L’histoire est sans aucun doute plaisante. La narration, oscillant entre introspection et dialogues, contourne aisément les pièges dus au narrateur non-humain qui auraient pu alourdir le roman et compliquer la lecture. En outre, le ton est juste et permet une forme d’identification pour le lecteur alors que le héros est quand même, rappelons-le, un être laid et tuant des êtres humains pour survivre. Celui-ci fait, en effet, preuve d’empathie, d’une grande sensibilité et d’un altruisme qui dépasse de loin celui de certains personnages – humains cette fois-ci – du roman. Il nous semble également que la trame du roman fut travaillée avec soin: les évènements et les rebondissements, particulièrement bien choisis, sont placés fort intelligemment, de sorte que le lecteur n’éprouve nullement une once d’ennui lors de sa lecture. Enfin, le roman aborde avec beaucoup d’intérêt et d’exactitude une grande partie des thèmes difficiles de l’adolescence – la violence parentale, les choix d’avenir, l’amour au Lycée, la confiance en soi, l’importance des apparences, … – mais aussi le thème universel du manichéisme et des dilemmes et tiraillements auxquels sont confrontés de nombreuses personnes.

Nous nous permettons cependant de mettre en exergue un petit détail qui pourrait s’avérer être un bémol pour certains lecteurs. Nous ne sommes pas sans ignorer le phénomène « Twilight » et la vague de fans que la trilogie de Stephenie Meyer a suscitée et force est de constater que ce roman s’inscrit de plein pied dans la veine (le comble pour un vampire !) de ceux-ci. En effet, bien que la créature et ses caractéristiques soient différentes de celle d’un vampire – et c’est bien en cela que réside toute l’originalité de David Stahler Jr – la thématique centrale du roman est presque identiquement la même !

Premièrement, nous nous retrouvons face à une créature non-humaine tuant les hommes pour vivre. Deuxièmement, celle-ci est un adolescent mâle et elle tombe amoureuse d’une jeune fille humaine qu’elle côtoie au collège. Troisièmement, leur amour est mis en danger par l’arrivée d’un autre prédateur. Quatrièmement, la créature jugeant que leur relation est dans une impasse (en raison de sa condition particulière) décide de s’en aller afin de ne pas faire souffrir la jeune fille ou la mettre en danger. Cette similitude est donc à double tranchant

Aux fans de Twilight avides de nouvelles histoires d’amour entre créature fantastique et être humain, nous n’avons qu’un conseil : ruez-vous dans votre librairie afin de vous procurer ce roman. Aux blasés, lassés, dégoutés du roman meyeriste ou à ceux qui sont simplement à la recherche d’« autre chose », il vaudrait peut-être mieux que vous passiez votre chemin… Ou lisez-le, en connaissance de cause mais… À vos risques et périls !

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