THE BLING RING de Sofia Coppola: Entre vacuité et ennui

BLING RING de Sofia Coppola, présenté Hors Compétition (Un Certain Regard) au dernier Festival de Cannes, se révèle malheureusement aussi vide qu’une télé – réalité et aussi « bling bling » et superficiel que les personnages qu’il met en scène, des adolescents sans moral, matérialistes et vaniteux totalement fascinés par les people.Et pour peu que vous ne partagiez pas cette fascination, vous risquez de trouver le temps fort long devant ce film aussi tape à l’œil qu’anecdotique.

On ne manquera d’ailleurs pas de le comparer à son film jumeau SPRING BREAKERS (le film de Harmony Korine, sorti il y a 2 mois) mettant aussi en scène les obsessions et fascinations d’une génération perdue en mal d’adrénaline qui se mettent à voler pour financer leurs rêves. Tous deux tentent désespérément de remplir le vide. Alors pour le combler, après les princesses Disney, Selena et Vanessa, on nous promet le retour de Emma, celle de Harry Potter…Une présence au générique, beaucoup moins sulfureuse et provoc que la promo le laissait entendre et qui participe de l’arnaque, le film n’ayant pas vraiment de personnage principal et l’actrice n’ayant qu’un rôle secondaire…

Avec ce (nouveau) portrait d’adolescents, ceux nés avec internet, les téléphones portables et les réseaux sociaux, Sofia Coppola ne convainc pas et finit par se noyer dans cette cacophonie pop et faussement déjantée. A défaut de bijou, son dernier film fait un peu toc.

Dépassé par son sujet, Sofia Coppola semble au bout du 3ème cambriolage, tomber dans la vacuité abyssale et n’avoir déjà plus grand chose à dire, réduisant son film à une simple et sage illustration.Ce BLING RING tourne en rond et finit par tomber dans le piège qu’il dénonce, celui de la vacuité et de l’ennui, pour finalement se réduire à une jolie succession de spots publicitaires (domaine dans lequel par ailleurs, la réalisatrice excelle. Les publicités pour le parfum Miss Dior avec pour égérie Natalie Portman, c’est elle), un défilé insignifiant d’objets extravagants, de montres Cartier ou de Louboutin.

Mais si visiter les maisons de stars en suivant de jeunes écervelées comble votre appétit cinématographique, alors un seul mot: foncez.

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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