The Company Men

 
« Bobby Walker est l’incarnation même du rêve américain : il a un très bon job, une merveilleuse famille, et une Porsche toute neuve dans son garage. Mais lorsque la société qui l’emploie réduit ses effectifs, Bobby se retrouve au chômage, tout comme ses collègues Phil Woodward et Gene McClary. Les trois hommes sont alors confrontés à une profonde remise en cause de leur vie d’hommes, de maris et de pères de famille. Bien loin de ses talents de cadre supérieur, Bobby se retrouve obligé d’accepter un emploi dans le bâtiment pour le compte de son beau-frère. Cette expérience va le pousser à découvrir qu’il y a peut-être plus important dans l’existence que de courir après la réussite… »
 

Une bande-annonce qui fait espérer des jours meilleurs au cinéma américain nous promettait un film d’actualité (pour changer des films historiques) aux remises en question sociales et économiques franches et tranchées et à l’humour sympathique, mais surtout une belle mise en exergue de la valeur intrinsèque de l’être humain. C’était beau, c’était émouvant, c’était vrai… et à contre-courant.

The Company Men nous offre sur un plateau d’argent une très bonne brochette d’acteurs accompagnée d’un scénario correct et saupoudrée d’échanges un peu fades et d’humour presque évanescent (mais on peut toujours s’en arranger si on a nos propres épices mentales). Seulement, faire miroiter un produit engagé quand on effleure à peine le sujet essentiel de peur de froisser les zygomatiques des grands pontes du cinéma, c’est ce qu’on appelle avoir légèrement les couilles molles, il me semble. Mais faire trop de vagues n’est jamais bon si on veut avoir des subsides et continuer à faire des films divertissants pour gagner un maximum de pognon…

Malheureusement, le film n’introduit rien de neuf. Une stigmatisation du système économique et professionnel au manichéisme amer sans aucune prise de position formelle transformant les personnages en ombres fantomatiques au psychisme terne et palot. De fait, les trois protagonistes nous sont presque aussi étrangers au sortir de la salle qu’au départ. Dans cette course effrénée à l’emploi, nous n’avons pas le temps d’échanger deux-trois mots ou de tailler une bavette sur le temps qu’il fera demain. Aucune clef ne nous est donnée. Nous ne pouvons que les observer de loin en « narrateur » externe, qui ne sait rien, ne peut rien, attend tout simplement et cherche vainement à tirer de leçons de leurs erreurs et leurs soucis.

Au final, une peur abyssale vient hanter tous les étudiants, employés et détenteurs d’un diplôme qui se retrouvent confortés (ou confrontés, pour ceux qui avaient mis leur cerveau en stand-by) dans l’idée que nous sommes tous sur le même bateau et nullement à l’abri d’une perte d’emploi sans préavis (ou presque), ainsi que d’une réinsertion plus que laborieuse où l’on n’est qu’une bête de plus parmi le troupeau, ni plus… ni moins. On nous réexplique platement que la crise était inévitable mais que ce n’est pas parce que les richissimes patrons d’entreprise l’ont annoncée qu’ils allaient la pallier en minimisant leurs dépenses et leurs revenus.

Parce que c’est leur point commun à tous ces hommes à millions : ils ne pensent qu’à leur gueule et considèrent la santé de leur société comme plus importante que celle de leurs employés.  C’est un fait, il faut s’en accommoder. Vous n’aviez qu’à naître patron, après tout. Pour ceux qui ne s’étaient pas encore rendu compte de cet état de fait, le film sera peut-être utile. Pour les autres, The Company Men n’apportera rien ou si peu : un large plaisir visuel, certes, et surtout une conclusion pauvre et biaisée à savoir que les seules options qui s’offriront à eux quand le temps sera venu seront la reconversion (et se faire à l’idée qu’eux aussi vont peut-être travailler dans le bâtiment parce que les demandes de résidences secondaires à Las Vegas, St Tropez et compagnie, il y en aura toujours), le suicide ou la création d’une niche (mais bon, ce n’est pas donné à tout le monde hein, il faut d’abord pouvoir se payer des petits déjeuners à 500 $!). That’s all.

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