The Groove Sessions Volume 3 – Chinese Man

Il n’est jamais facile de critiquer un album de musique. Personnellement, je trouve ça plus ingrat que d’évaluer un album de bande dessinée ou une pièce de théâtre. Pourquoi? Eh bien, parce qu’il faut laisser du temps au temps! Un album ça s’écoute, ça se réécoute, ça se savoure! Sauf les albums d’Avril Lavigne. Ça, c’est poubelle.

Il y a un mois, je vous livrais mes impressions sur le nouvel album des Pretty Reckless. Allez, je suis sûre que vous vous en souvenez, mon article doit probablement figurer dans votre barre de favoris. La critique avait été facile, j’étais conquise par l’album et, soyons honnêtes, je suis fan du groupe.

Bon, et mes connaissances de Chinese man alors? Eh bien comment dire…Rien. Nada. Oh, n’allez pas croire que je vis recluse dans une grotte, je connais de nom, mais à part ça, je ne m’étais jamais donné la peine d’écouter leur musique quand ils ont commencé en 2004. Probablement parce qu’ils étaient à la mode à ce moment-là. Oui, je suis une petite anti-conformiste, c’est mon côté gaucho. Non, je rigole c’est mon côté flemmard. Bon, un peu des deux. C’est donc avec une certaine curiosité que je me suis lancée dans l’écoute de ce Groove Sessions Volume 3.

Cet album est en réalité le résultat d’une série de collaborations entre le collectif marseillais Chinese Man et d’autres artistes. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils savent bien s’entourer. Disons-le d’emblée, cet album est jouissif et éclectique!

La première piste Scatter vous donnera envie de sauter dans tous les sens et de danser instantanément. Au hip-hop joyeux se mélangent des trompettes aux sonorités mariachi. Mélange improbable et tellement réussi!

Pas de répit avec Tall Ground et le collectif Deluxe qui nous met la patate dès les premières sonorités. Un peu de soul, un peu de groove, un peu d’afrobeat: une recette gagnante.

Ensuite, c’est la talentueuse chanteuse d’origine argentine La Yegros (que je veux épouser) qui pose sa voix sur Siempre estasUne chanson  nostalgique sur le thème de la rupture. Le style dub opère à merveille, l’album se calme, il est temps de se poser et d’ouvrir grand ses oreilles : ce n’est que le début.

La suite est en effet plus posée, des sonorités hip-hop (Rosita, Once upon a time, Hova), afrobeat et groove (Breaking News) se succèdent. 

Au milieu de cet ensemble plutôt cohérent, s’immisce l’ovni Balma du groupe Son of a Pitch. La chanson est un curieux mélange de ragga et de chanson indienne traditionnelle. On aime ou on n’aime pas. Moi j’adhère complètement au côté décalé du morceau et au contraste des deux voix: le chanteur adopte une voix de gros mâle dominant tandis que la chanteuse indienne prend cette voix si typique des chansons Bollywood. C’est kitsch, c’est beau. Mais surtout kitsch.

Bref, si vous ne l’aviez pas encore compris, Chinese Man est un collectif qui aime s’aventurer. Certes, la plupart de leurs chansons ont une dominante hip-hop, mais celle-ci sera toujours accompagnée d’une petite touche originale, de la dubstep – un peu inattendue – sur Don’t Scream, une sonorité raï sur A.M Horrorscope, du reggae avec Independent music et encore et toujours du bon groove dans toutes les chansons. 

« Oui bah forcément c’est le titre de l’album… »- « Tais-toi! »

Dans cet album, il y en a donc, à peu près, pour tous les goûts et pour toutes les occasions. Et moi, je serai vous, eh ben…j’irai l’écouter fissa. Mieux, j’irais carrément les voir en concert car ils sont actuellement en tournée en France et probablement dans de nombreux festivals cet été. Et je peux vous l’assurer, The Groove Sessions est taillé pour les lives. 

Alors, prêts à groover avec Chinese Man cet été? Moi oui!

Written By

Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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