The Hours – Michael Cunningham vs Stephen Daldry

La plupart des lecteurs des Heures (enfin, ceux que j’ai lus ou entendus, bien sûr) se sont trouvés (grand bien leur fasse, la perdition n’est que trop fréquente à l’heure actuelle) ravis de l’adaptation cinématographique de ce produit littéraire que je qualifierais de complexe, multiple et, finalement, tout simplement magnifique (et encore, je n’ai lu que la traduction française, c’est dire !). Toutefois, vous l’aurez deviné, personnellement, je n’en suis pas satisfaite (m’est avis qu’au final, je serai définitivement cataloguée comme l’emmerdeuse, la râleuse, celle qui est jamais contente – voire carrément méchante (vous noterez, en passant la touche d’humour, son niveau pitoyable et la référence potentiellement discutable !) but I don’t care !).
Bon, ce n’est pas tout de manifester son désaccord en scandant : « Pacontent, pacontent ! », nous autres, littéraires, masturbateurs intellectuels par excellence, nous voulons, nous « expectons », nous vivons pour les explications qui agrémentent, décorent et magnifient une opinion, qu’elle corresponde, ou non, à la nôtre. Un peu comme les absences scolaires, les appréciations doivent être motivées donc voilà, je me lance !
Si nous devions résumer ce livre, une phrase suffirait : « Trois femmes, trois époques, trois vies tenant en 222 pages ». Eh bien, oui, « Les heures », c’est ça : un terrible, un génial, un poétique inconcinitas. Une monstrueuse figure de style s’étalant sur un demi-siècle, s’immisçant dans les vies, banales, de ces personnages féminins (enfin, si tant est que la vie d’une femme puisse être considérée comme banale, bien entendu !). Ce qui lui donne plus de profondeur ? Une psychologie fine, une historicité consciencieuse, une douce amertume et une plume acérée.
Ceux qui n’ont pas lu et/ou vu le livre et le film penseront dès lors : « Ouh ! Là, vu la critique aussi élogieuse qu’incompréhensible, il est normal que rien ne trouve grâce à ses yeux ». À  vrai dire, ce n’est pas ma barre (que je place toujours trop haut, oui, je sais) qui est le problème. Le problème, à mon sens, c’est le média. Michael Cunningham a écrit une œuvre essentiellement introspective et perceptive basée sur la poésie des mots, la simplicité du verbe, la lenteur de la narration, mais surtout la symbolique de l’intelligible à travers les objets et les gestes anodins du sensible. Comment, dès lors, rendre tout cela au cinéma ?
Je vous avoue que j’étais déjà dubitative avant sa sortie. Peut-être, en effet, suis-je trop exigeante. Eh bien, soit. Je devrais me coltiner ce vice toute ma vie. Quoiqu’il en soit, je suis convaincue que Mister Daldry a mis toute son âme à recréer l’univers cunninghamien (rien que le choix des actrices en est une preuve) mais, in fine, s’il tend vers le septième ciel, le film ne prend pas son envol. Et, au lieu d’exalter la puissance du quotidien, il met en exergue la lenteur du jour qui passe. Simplement parce que la combinaison d’images et de sons ne peut rivaliser avec celle des mots… Et vice versa.
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