The Master

« Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe… »

Malheureusement, s’il est un phénomène bien connu résultant de la guerre, ce sont les traumatismes que celle-ci peut engendrer, et provoquant eux-mêmes toutes sortes d’autres troubles, comme les troubles de stress post-traumatique … Les soldats ayant survécu à cet enfer même pas imaginable en cauchemar deviennent en quelque sorte des âmes errantes, dont la réinsertion en société sera semée d’embûches.

Ainsi, on suit durant le film le parcours d’un de ces vétérans de la Seconde Guerre mondiale, Freddie Quell, tourmenté et meurtri par cette même guerre, ne sachant que faire et allant de petit boulot en petit boulot. Un soir, il tombe sur Lancaster Dodd, « The Master », le meneur de ce mouvement appelé « la Cause », qui accueillera Freddie à bras grands ouverts et qui l’emmènera dans sa croisade de propagande et de promotion, accompagné de sa famille et de ses quelques autres fidèles.

Représentant une époque d’après-guerre chaotique, le film n’invente pas totalement et il est intéressant de noter que le personnage de Lancaster Dodd et son mouvement sont librement inspirés du fondateur de l’Église de scientologie. Par conséquent, nous avons là une œuvre qui dresse le portrait d’un homme à la psychologie et au caractère fascinants dans un contexte qu’on peut désigner comme les prémisses d’une secte aussi controversée que la scientologie.

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Acteur incontestablement talentueux, Joaquin Phoenix, interprétant Freddie Quell, est juste magistral dans ce rôle. Et bien que Daniel Day-Lewis ne démérite pas sa récompense de « Meilleur Acteur » dans son rôle d’Abraham Lincoln, on aurait bien aimé voir Joaquin Phoenix recevoir son premier Oscar, tellement sa performance est monumentale. Le jeu des autres acteurs est également à souligner ; en effet, Philip Seymour Hoffman dans son rôle de gourou (Lancaster Dodd) et Amy Adams, jouant sa femme, ont tous les deux été nominés aux Oscars dans les catégories récompensant les seconds rôles.

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Les spectateurs devraient probablement passer leur chemin s’ils ne pourraient pas juste apprécier l’ambiance admirablement bien retranscrite des années 1950, la complexité des personnages, le jeu des acteurs, la superbe réalisation de Paul Thomas Anderson, une photographie de film magnifique, quelques scènes intenses, des plans et une bande son envoûtants intensifiant encore plus l’atmosphère captivante du film, ou même un manque de direction clair du scénario. En résumé, ce n’est point un film dont il faut attendre action ou cascades à la chaîne, personnages gentils et méchants poursuivant des buts opposés, ni même de retournement final de grande envergure. Le film décrit, et il le fait majestueusement bien.

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