The Men Zoo

Qu’il s’agisse de pièces modernes, de Miller, Mamet, Beckett ou Pinter ou d’autres pièces jouées à Broadway ou dans le Westend londonien, le constat est le même : manque de diversité (des genres). Quels que soient leurs titres, elles pourraient tout aussi bien s’appeler « des hommes hétérosexuels parlent de la vie ». Même si le théâtre moderne traite de ce sujet de bien des façons, la créatrice de théâtre Young Jean Lee met également le doigt sur le problème avec sa nouvelle production. C’est exactement ce qu’est ‘Straight White Men (SWM)’ : une pièce sur des hommes hétérosexuels parlant de la vie, et plus.

On pourrait penser que cette pièce est comme les autres pièces du genre, un simple drame familial. L’intrigue de SWM est plutôt simple : le père, Ed, et ses trois fils adultes se réunissent pour fêter Noël. Au milieu des réjouissances, des retrouvailles, des plaisanteries et bavardages, d’une grande quantité de nourriture et d’alcool, ils réalisent que l’un d’eux quatre n’est pas si heureux qu’il le prétend. La pièce prend alors un tournant, la famille engageant une discussion sur l’identité, le privilège et la « valeur d’être un homme blanc hétérosexuel ».

Le drame créant une tension tout au long de la pièce arrive à son paroxysme lorsque le père et les fils confrontent Matt à sa « culpabilité blanche ». Les quatre hommes ont choisi des chemins différents et tous pensent savoir comment réconforter Matt. Leurs conseils sont examinés à la lumière de dialogues et d’une mise en scène roués. Les conseils prodigués semblent être des excuses de chacun des hommes pour expliquer leur mode de vie. Avec cette pièce, Lee examine donc ce que les hommes blancs hétérosexuels bien éduqués et entourés de familles aimantes font de la conscience que leurs vies sont en fait très aisées.

Au cours de cette introspection, la créatrice de théâtre met en lumière différents éléments. Premièrement, le théâtre n’est en fait qu’une boîte noire qui contient des êtres humains. Le public voit une tranche de vie de deux heures, présentée avec différents degrés de réalisme en fonction du spectacle. Cependant, SWM est presque hyper réaliste. On a presque l’impression de voir un diorama vivant plutôt qu’une pièce, le décor et le jeu étant tous deux d’un réalisme frustrant. Lee prouve toutefois que rien n’est jamais facile et qu’un drame familial ne peut pas être résolu en deux heures. Les questions que Matt se pose sur la vie, l’amour, la famille, le futur sont laissées en suspens et ni les autres frères ni le père n’ont vraiment de réponse. SWM laisse donc le public quitter le théâtre empreint d’un sentiment plutôt pessimiste. Une introspection s’impose : sommes-nous tous des Straight White Men et utilisons-nous des mauvaises excuses pour rationnaliser nos privilèges ? Sommes-nous conscients de la chance que nous avons ? Pour  répondre à ces questions, attendons la prochaine réunion de famille et son lot de petits drames familiaux…

Vu le 17.10 au Kaaitheater

Traduit de l’article The Men Zoo écrit par Mixy

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