The Party, an english delight

Rien de tel qu’une révélation impromptue pour lancer des festivités. Mais la fête à laquelle nous convie Sally Potter ne saurait se satisfaire de si peu. The Party, ou la recette peu recommandable d’une fête mémorable. Let’s celebrate !

Janet vient d’être nommée ministre de la santé, l’aboutissement de toute une carrière. Elle réunit avec son époux Bill quelques amis proches. Mais la fête prend un tournant inattendu.

Un titre peut en cacher un autre, parce que dans The Party, il est moins question de fête que de politique et plus particulièrement d’un certain parti politique moribond, le Labour Party, qui vient de nommer Janet ministre de la santé. Ministre de la santé du « cabinet fantôme » (cabinet fantôme de l’opposition officielle, constitué des membres les plus importants de l’Opposition officielle¹) mais ministre tout de même.

L’ambiguïté est le ferment de cette satire au vitriol du petit milieu intellectuelo-gaucho-bobo londonien. Apparences trompeuses et faux-semblants sont les rouages d’une intrigue qui se diffuse irrésistiblement comme le sucre d’un bonbon acidulé sur la langue. Savoureux.

Court et intense, un peu moins de 1h20, The Party s’appuie sur un scénario efficace et des dialogues taillés au couteau pour maintenir jusqu’au bout la tension qui naît bien avant la révélation initiale. Acides, certains dialogues ont des accents très alleniens (pour Woody), sans pour autant que cette filiation ne vampirise l’ensemble. Il s’agit d’un trait subtil à l’image du travail de Sally Potter.

Sally Potter, qui réalise avec The Party son premier film depuis 2012 (Ginger and Rosa) est habituée aux projets avant-gardistes et singuliers :  The Man who cried en 2000 proposait une narration insolite, les dialogues de son film suivant, Yes, en 2004, étaient exclusivement composés de pentamètres iambiques (type de vers), tandis que Rage, en 2009, était intégralement filmé avec un smartphone. Avec The Party et le choix du noir et blanc, la réalisatrice semble revenue des expérimentations pour plus de classicisme, ponctué pourtant, par moments, de cadrages originaux.

Côté distribution, Sally Potter peut compter sur un casting cinq étoiles : Kristin Scott Thomas et Timothy Spall en têtes d’affiche sont irréprochables. Cillian Murphy, Bruno Ganz (Hitler dans Der Untergang), Emily Mortimer ou encore Patricia Clarkson donnent vie sans difficulté à cette communauté en pleine déflagration. Mentions spéciales pour Timothy Spall et Bruno Ganz qui, tout en nuances, composent des personnages particulièrement attachants.

Finalement, la seule chose que l’on peut reprocher à ce huis clos enlevé est d’être beaucoup trop court. D’autant que la réalisatrice ne clôt pas toutes les pistes qu’explore son intrigue. A peine le temps faire la connaissance des personnages et d’apprendre les liens qui les unissent, que la fin pointe le bout de son calibre. Frustrant.

The Party est à voir depuis le 13 décembre.

1. Qui a dit que la politique belge était compliquée?

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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