The Salvation, du Leone au sang danois

Il est mort, il est mort, le western! Du moins, c’est ce que les têtus, les gringos ont souvent crié. Il n’en est rien. Certes, la production de western s’est calmée et n’atteindra plus jamais l’âge d’or connu avec les John Wayne, Henry Fonda et autres Clint Eastwood. Pourtant, il reste une résurgence du genre dans le cinéma actuel, et non des moindres: si la production a baissé, la qualité s’est élevée (avec l’Impitoyable d’Eastwood, le 3:10 to Yuma de Mangold, les films de Redford ou Tommy Lee Jones, le Mort ou vif de Raimi ou encore les derniers films australiens marquants que sont The Rover ou La Proposition). Non! Le vivier est toujours bien vivant. Entre renouvellement et hommage.

Et d’hommage, il en est question dans ce film de Kristian Levring, The Salvation : le premier film du réalisateur à bénéficier d’une promotion internationale digne de ce nom. Et quelle promotion : une avant-première officielle à Cannes en compagnie d’un casting de premier choix. Jugez plutôt: Mads Mikkelsen (HannibalCasino Royale), la tuante Eva Green (Casino RoyaleKingdom of Heaven) ou encore Jeffrey Dean Morgan (Watchmen) en chef de clan sanguinaire. Sans oublier Eric Cantona, absent lors de la projection cannoise, dans un rôle quasi… muet (un rôle de composition pour celui qui a l’habitude de l’ouvrir et de ne pas manier la langue de bois?).

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The Salvation débute comme un film de Leone, un train entre en gare. Jon (Mads Mikkelsen fait pour ce rôle de cowboy) est un pionnier danois qui retrouve sa famille après huit ans. Le bonheur total est de courte durée, leur calèche est interceptée par deux ex-bagnards. L’irrémédiable arrive, le jeune fils de Jon est tué, et sa femme, violée et laissée pour morte. Jon se venge et tue les deux hommes. Problème, l’un d’eux est le frère du caïd local qui, à son tour, réclame vengeance!

Avec une histoire de facture classique, Levring signe un film qui brille plus par sa mise en image, classieuse, splendide, avec une forte importance accordée au jeu d’ombres. Des ombres auxquelles se joignent les vivants, désenchantés et âpres de violence, ne cherchant plus la rédemption mais tout juste l’adoucissement de leurs douleurs intérieures. Ce à quoi donnent chair des acteurs parfaits. Mads Mikkelsen a l’assurance d’un acteur ayant joué au cowboy toute sa vie, son charme est toujours autant magnétique. Dean Morgan est glaçant dans son rôle de truand sans coeur. Cantona est un peu moins convaincant en caricature de lui-même(?), donnant l’impression que son personnage n’était que peu indispensable.

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Et, même si tout n’est pas parfait (le décor est assez spécial, entre réalisme et carton, les deux acteurs français quasi-mutiques), ce western, tourné en Afrique du Sud, réussit à nous emporter par sa beauté et son classicisme remettant au goût du jour les codes parfois désuets du genre. Un bel exemple de film pour viser entre les deux yeux des préjugés remettant le western aux oubliettes. Non, lui aussi a droit à son salut et ses élans… salvateurs.

A voir dès le 3 septembre 2014.

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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