The Social Network. A facebook movie?

Dernier-né du cinéaste américain David Fincher, The Social Network ne laissera certainement pas insensibles celles et ceux qui s’intéressent de près ou de loin au phénomène social planétaire du siècle.

Si Facebook passionne, fascine et effraye toujours plus, il ne cesse pas non plus de questionner. Chez Fincher, ce questionnement prend la forme d’un voyage à l’allure presque initiatique au sein même des conditions d’émergence du réseau informatique le plus populaire se son époque.

Le réalisateur de Fight Club et, plus récemment, du Curious Case of Benjamin Button relève un défi de taille et nous présente de manière étonnante la personnalité du créateur de ce qui était initialement une modeste base de données, Mark Zuckerberg. Etudiant de Harvard plutôt effacé, amant maladroit et génie indéniablement précoce, le garçon à l’humour caustique n’est pas âgé de vingt ans qu’il se trouve déjà être à l’origine d’une vraie révolution. Il détient cependant la panoplie complète d’une figure controversée.

Evoluant dans un monde où règnent en maître le pouvoir de l’argent et l’amour du pouvoir, il noue avec son entourage des relations tortueuses et complexes, où se mêlent enjeux, débauche et trahison.

(Finalement) Intenté en procès par ses associés et par son (ex) meilleur ami Eduardo, il est accusé d’avoir volé et développé le concept à la base de Facebook, ainsi que de s’en être malhonnêtement approprié la légitimité et les droits. Apparaissant comme dur et intransigeant, Mark Zuckerberg ne cesse pas un instant de surprendre. La prestation de Jesse Eisenberg est bluffante. Marquent également les esprits la présence troublante d’Andrew Garfield et l’étonnant charisme de Justin Timberlake.

Accompagnée par une musique envoûtante et des images tirant sur le sépia, l’atmosphère générale de l’œuvre fictionnelle, souvent feutrée, plutôt intimiste, parfois sombre, nous plonge dans un univers hypnotisant.

Le film ne veut pas revendiquer une vérité mais offre davantage un angle de vue pertinent sur un outil qui s’est progressivement fait une place dans nos vies. Si les faits peuvent être librement interprétés, l’effet général n’en est pas moins réussi : par une mise en scène audacieuse, des dialogues subtils et une construction dramaturgique solide qui prend le procès de Zuckerberg comme fil rouge, le film apparaît comme le témoin d’une époque dont nous sommes nous-mêmes les acteurs.

Qu’on soit plutôt adeptes des relations humaines par pixels interposés, ou qu’on trouve à Facebook de réels opportunités d’expression et de communication, il n’est pas difficile de comprendre les enjeux d’une telle machine.
En bref, qu’on aime, qu’on s’abstienne ou qu’on déteste, là n’est pas vraiment la question. The Social Network, s’adresse à tout curieux désireux de prendre du recul par rapport à ce qui fera, demain, partie intégrale de l’Histoire.

Sarah B.

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