The Spirit of 45

Sortie le 04 Septembre 2013 en Belgique

Un film de : Ken Loach, UK – 2012

Durée : 1h34

Autre : V.O. sst. bilingue

« L’année 1945 a marqué un tournant dans l’histoire de la Grande-Bretagne. L’unité de son peuple pendant les combats de 1939-1945, et le souvenir douloureux de l’entre-deux-guerres ont conduit à l’émergence d’un nouvel idéal social. La fraternité est ainsi devenue le mot d’ordre de cette époque. Pour former la trame narrative éminemment sociopolitique de son film, le réalisateur Ken Loach a eu recours à des séquences vidéo provenant d’archives régionales et nationales britanniques, à des enregistrements sonores et à des témoignages contemporains.»

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne est en proie à deux problèmes majeurs: se reconstruire à l’issue de six années d’un conflit particulièrement violent et barbare qui a totalement annihilé son économie, et éviter de revivre les années 20/30, où la fin de la Première Guerre mondiale avait sonné une longue période de pauvreté, de taudis et de vermine pour la population. Les épreuves de la Guerre ont soudé les citoyens et changé les mentalités : l’Esprit de 45 se répand dans la population, et Churchill n’est plus la seule option. Un espoir fou naît de cette population qui a combattu, souffert, espéré des lendemains qui chantent, et qui, de retour au bercail, est éprise d’un vent de liberté et d’égalité. Un gouvernement travailliste, le « seul de l’histoire avec un programme socialiste » est élu, et va se lancer dans un programme économique et social ambitieux, qui façonnera le Royaume-Uni des années 60 : chacun se voit offrir une chance, un travail, un logement décent, un accès aux soins et à l’éducation, et la fierté de se suffire à soi-même et d’être utile à la collectivité. Les témoignages, tous très émouvants, illustrent le pas de géant réalisé par la société en l’espace de vingt années, à l’image de cet homme qui, jusqu’à ce que le système médical lui offre une paire de lunettes à l’âge de 70 ans, se servait d’un cul de bouteille comme d’une loupe. Par les efforts d’un gouvernement mu par le bien collectif et non le profit, le pays va connaître une vague de nationalisations entre 45 et 47 (gaz, électricité, transports, docks, poste, NHS, logements sociaux, etc..) qui rendront les services publics accessibles à tous et se traduiront par une amélioration certaine des conditions de vie, de l’aveu collectif.

Puis vient 79, et Thatcher, qui détricotera en quelques années tous les acquis sociaux datant des années 40 : la loi du marché est revenue, et avec elle la rentabilité, l’accroissement des profits pour certains et la misère pour tous les autres. Thatcher qui créera le Royaume-Uni que l’on peut voir aujourd’hui, ou celui de Billy Elliot, de Les Virtuoses, de The Navigators, Trainspotting, This is England, Sweet 16, It’s a free world… Autant de films qui évoquent le visage moderne du Royaume-Uni, fait d’édentés, de malades, de chômeurs et de mal logés. Flagrance du recul social : oui,l’Etat providence est bel et bien mort au Royaume Uni, et avec lui l’Esprit de 45. Le matériau de l’Esprit de 45 est celui d’une des grandes périodes de respiration de l’Histoire, de celles qui amènent des éléments neufs, et ceci au moment où la pensée libérale s’affiche comme l’alibi de plus en plus fumeux d’une nouvelle barbarie, financière cette fois-ci.

The Spirit of 45 est un Ken Loach comme on les aime, engagé, social et politique. Documenté, riche, manichéen aussi, comme souvent. The Spirit of 45 est un film militant qui s’assume, qui traite de la lutte des classes, des conséquences du libéralisme et de l’individualisme, du devoir d’indignation cher à Stephane Hessel, qui démontre que l’idéologie dominante n’est jamais la seule voie possible, et qui montre ce que le capitalisme fait des idéaux communautaires et socialistes. The Spirit of 45 est un film qui prouve que la résignation n’est jamais mère de progrès social, et que le volontarisme au service du bien-être commun est possible et porte ses fruits. The Spirit of 45 est un film qui prouve qu’un grand pays, qu’une grande nation, est avant tout un pays qui « peut se permettre d’avoir des idées généreuses ». Ma conclusion ? :CUT BACK ? FIGHT BACK !

Pour plus d’information : www.cineart.be

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Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

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