The xx – Coexist

Composition : Romy Madley Croft au chant et à la guitare, Oliver Sim au chant et à la basse, de Jamie Smith aux synthétiseurs et boîte à rythmes. Baria Qureshi (synthétiseur et guitare), quant à lui, quitta le groupe après leur premier album.

The XX … ou l’OVNI musical qui, en 2009, subjugua la planète indie avec leur électro-pop-rock atmosphérique (la BBC définit très bien leur musique comme étant une « enchanted south London mystery pop ») et un premier album, éponyme, encensé par la critique. Et à juste titre ! Car ils proposent une alternative permettant d’échapper, ne fut-ce que momentanément, à une musique pop(ulaire) en proie à une rigidité normative et créatrice et à un formatage toujours plus poussé.

Preuve en est la cover de Crystalised (premier single de ce premier album) par Damon Albarn (Mr Gorillaz himself) ; ce qui reste, on ne peut le nier, un sacré gage de reconnaissance et de qualité (voir Damon Albarn covering Crystalised).

Du coup, lorsque le groupe annonce, début juin 2012, la sortie de leur second opus, leur fanbase trépigne. Ce sentiment continua à s’exacerber tout l’été, pendant lequel le groupe proposa, via les réseaux sociaux, toute une série de mix et remix afin d’entretenir l’attente et l’excitation.

Comme il est de coutume, le premier single est released avant la sortie officielle de l’album. Et ce fut chose faite le 16 juillet avec Angels qui est choisi pour en assurer la promotion. Minimaliste, plânant, efficace, le ton était donné. Quelques rares prestations live plus tard afin de présenter ledit single et nous voilà arrivé, finalement, à la date fatidique du 10 septembre 2012 et de la sortie de Coexist (The xx performing Angels chez Conan, 24 juillet 2012).
the xx
L’ambiance, tout comme dans leur premier album, est très travaillée. Si on est capté par cette atmosphère trippante, on se retrouve immédiatement plongé dans l’univers propre au groupe. Car c’est bien de là l’une des réelles forces de The xx : leur identité musicale (une qualité suffisamment rare de nos jours que pour être soulignée). On dénote, en effet, une belle homogénéité tout au long de l’album. Coexist reste en parfaite cohérence avec l’univers musical développé dans leur premier opus (mais toutefois, sans vraiment l’approfondir).

Avec une rythmique légèrement moins mise en avant que sur le premier album, le trio britannique laisse encore plus de place à la musicalité et à la complémentarité du duo de voix. Là est, en effet, une autre grande force du groupe : le mélange harmonieux de la voix grave et retenue d’Olivier Sim et de la voix fragile et cassée de Romy Madley Croft. Le morceau Tides en est la parfaite illustration : en s’ouvrant sur un acapella des deux protagonistes principaux, il délivre leurs voix de manière brute et envoûtante. Mais The xx ne se résume pas uniquement à ça, tout, dans leur musique, est au service de l’univers qu’ils ont créé. Par exemple, l’utilisation subtile des silences, entrecoupés par les voix et les sons de basses, trouve son apogée dans la chanson Missing, où pendant plusieurs secondes le temps est suspendu (pas un son), ce qui crée une légère tension, délectable.

Lorsqu’on écoute The xx, le temps ralentit et se crée alors une atmosphère d’intimité, parfaitement propice à une soirée automnale ou pour se déconnecter lors d’un trajet en transport en commun, ou en voiture, aux heures de pointe. Monter le son de votre MP3 ou de votre autoradio et laissez-vous emporter ; effet garanti !

Néanmoins, on pourrait reprocher au trio britannique une mélancolie omniprésente, parfois même plaintive, tant dans la musique que dans les paroles (le thème de l’amour, et de toutes ses facettes, est le thème principal de la majorité des chansons). En écoutant cet album d’une traite, on pourrait dès lors ressentir un trop plein, une saturation. De plus, là où le premier album était un véritable repère à singles (Crystalised, Heart skipped a beat, Infinity), ce n’est plus vraiment le cas dans ce second opus où, exception faite pour Angels, les morceaux sont sur un pied d’égalité et du coup, nulle ne se démarque réellement ; l’album est un tout, une continuité. Mais ne boudons pas notre plaisir, on a déjà vu trop de groupes se vautrer, après un premier album plus que prometteur. 

Même si cela reste un album très très réussi, il faudra que le groupe propose une évolution plus marquée pour leur futur, tant dans les sonorités et rythmiques utilisées que dans les thèmes abordés, au risque de voir leur audience se lasser.

1 Comment

  • Belle critique, fort proche de mon ressenti pour un, au final, un second album prenant de plus en plus l’avantage sur le premier !

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