Tim Burton (re)prend son envol chez Disney avec Dumbo!

Tim Burton déploie tout son talent pour revisiter le grand classique Disney et le célèbre mythe de l’éléphanteau aux grandes oreilles.
C’est le grand retour du génie de Burbank, qui avait un peu déçu ces dernières années, avec un film intergénérationnel et plus personnel qu’il n’y paraît.
Dans ce live-action (avec de vrais acteurs) adapté du film d’animation de 1941, on retrouve presque comme une évidence, tout l’univers enchanteur du réalisateur, ses thèmes de prédilection (l’acceptation de la différence, le cirque et les monstres), ses obsessions (la mort) et ce qu’il affectionne particulièrement: des personnages marginaux hors du commun.
L’éléphant volant fait écho au cinéma burtonnien et s’inscrit dans la digne lignée de Edward aux mains d’argent, Sparky ou Willy Wonka , ces parias mis à l’écart car différents.
De ce vilain petit canard (plutôt petit éléphanteau) dont la différence deviendra une force et un pouvoir magique, Tim Burton en a fait une histoire personnelle.
Dumbo est une métaphore qui lui permet d’évoquer sa longue et difficile histoire avec le studio américain (il a commencé chez Disney dans les années 80 mais son univers trop macabre et ses créatures bizarres sont jugés incompatibles avec l’univers enchanté du studio). Il se considère encore aujourd’hui comme « un personnage de cirque avec des artistes autour de lui ».
Si avec ce remake, Burton garde le cœur émotionnel de l’original (l’occasion pour tous de revivre son enfance avec par exemple la séquence mémorable de La Parade des Éléphants Roses aussi surréaliste que l’originale), Disney ose une part d’autocritique (face aux cirques d’antan, traditionnels et familiaux qui accueillent des marginaux, il dresse un parallèle avec « Dreamland », un cirque concurrent qui souhaite exploiter l’éléphant et qui n’est pas sans rappeler un parc d’attraction mondialement connu).
Ce conte initiatique et poétique sur la différence aborde aussi des sujets plus difficiles (ce qui est le cas de la plupart des classiques Disney) comme la mort, la séparation des familles qui, selon Burton, sont souvent tabous chez certains publics.
Au-delà de la fable et de son beau message (croire en soi et faire de sa différence une force positive), il en est un autre qui, en 2019 reste essentiel et nécessaire, celui en faveur et pour la défense des droits des animaux à vivre en liberté et pas en captivité.
Au casting, les fans de Burton sont servis puisque sont réunis ses acteurs fétiches (dont les personnages sont bien plus présents voire inventés par rapport à l’original) avec Eva Green (dans le rôle d’une artiste française, hommage à l’âge d’or et au muet) et le retour des deux grands ennemis de Batman : Michael Keaton (entrepreneur véreux à Dreamland) et Danny DeVito (Maximilien Medici).
Depuis La Belle et la Bête, Disney s’est lancé avec succès dans une grande aventure, celle de revisiter ses propres classiques en live-action. Une touche de modernité réussie pour le grand plaisir du public qui pourra découvrir également cette année Aladdin et Le Roi Lion après cette belle envolée lyrique à découvrir à partir du 27 mars !

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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