Tour de chauffe avec Mountain Bike

Ce lundi 10 novembre, le festival Tour de chauffe faisait un passage par Tournai. Pour l’occasion, la Maison de la Culture accueillait deux groupes : The Rhinogrades en première partie et Mountain Bike en plat de résistance. Mountain Bike, c’est un peu la hype du moment, et c’est peu dire que le projet a bonne presse depuis la sortie de son premier album. Pourtant, si deux de ses membres viennent de Tournai, le groupe bruxellois n’y avait pas mis les pieds depuis deux ans (à leur échelle, autant dire une éternité). Le moment était donc venu de rattraper le temps perdu.

Un concert de rock à la Maison de la Culture de Tournai, c’est toujours un événement. Près du centre, il n’y a en effet guère que le Water Moulin pour mettre en avant les grosses guitares (et encore faut-il être amateur de rock garage), ainsi que quelques bars (qu’ils en soient remerciés). En pénétrant dans la salle Frank Lucas, vers 20h, on se dit pourtant qu’il y a comme un souci. Le public est clairsemé, tout le monde est assis. Lorsque les Rhinogrades montent sur scène, c’est un silence presque embarrassé qui accueille les deux musiciens (un guitariste et un bassiste) sur scène. Apparemment un peu surpris par la tiédeur de l’accueil, les Français entament leur set dans une ambiance étrange. Leur musique, du surf rock somme toute très classique, peine à convaincre dans ces conditions et la boîte à rythme réglée beaucoup trop fort n’arrange pas les choses. Renseignement pris, le groupe comporterait bien un batteur en son sein, mais celui-ci n’était en tout cas pas présent ce soir, ou alors très très bien caché. Quoiqu’il en soit, votre serviteur préférera quitter la salle et soigner sa migraine naissante avant la fin d’un set décidément trop long. Une petite pensée tout de même pour le duo de musiciens qui n’a pas dû passer une soirée facile.

Tour de chauffe affiche 2

Vers 21h30, c’est dans une toute autre ambiance que Mountain Bike investit la scène. Vêtus de leurs maillots de basket, ils embarquent avec eux Pascaline, cuisinière des backstages, chargée de les présenter à une assistance déjà réjouie. La salle n’est pas comble mais c’est dans une bonne ambiance que les morceaux s’enchaînent, entrecoupés de quelques vannes plus ou moins audibles. « Et maintenant, une reprise de Blur ! » lance soudain Etienne, chanteur du groupe, avant d’entamer un des morceaux de leur album. Une manière vaguement ironique de rebondir sur les nombreuses comparaisons auxquelles le groupe fait inévitablement face. Blur, les sixties, les nineties, le garage, la pop, le punk… Les influences sont nombreuses mais le tout est digéré, assumé, et balancé dans une bonne ambiance déglingo. Difficile de ne pas demander si les musiciens sont bourrés et, si oui, à quel point. Toujours est-il que si la plupart des morceaux de l’album y passent, des nouveautés surgissent également en fin de concert. Good For Nothing, notamment, passe décidément très bien en live.

Alors que leur album devrait bientôt sortir en France, ce passage près de la frontière sonne un peu comme un avertissement. Sachons-le : les membres de Mountain Bike vont bien, ils s’amusent sur scène, font des blagues et boivent des bières. Mais plus important encore : leur dirty pop (selon leurs propres termes) fait plaisir aux oreilles. Alors que les bières s’éclusent au bar après le concert, on peut capter des réactions enthousiastes. Ainsi, par exemple, un ancien professeur de June Moan (guitariste du groupe et originaire de Tournai) affirme-t-il, non sans lui payer à boire, que « c’est génial, mais débarrassez-vous de vos influences ! » (prof un jour, prof toujours, même s’il n’a peut-être pas tort). Pour l’instant, donc, tout va bien : le public s’amuse et la presse suit. Pourvu que ça dure. Le prochain défi, par contre, sera pour eux de continuer sur la même lancée en parvenant à se renouveler suffisamment. En tout cas, que Tournai puisse de temps en temps s’offrir ce genre de festivité fait sacrément plaisir. Cerise sur le gâteau, il y restait un bar accueillant et ouvert passé minuit pour permettre aux survivants de terminer la soirée (ce qui, en semaine, n’est pas toujours gagné).

Noni

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