L’AFI FEST de Los Angeles : de Sophia Loren à Clint Eastwood ou Mélanie Laurent, le Festival de tous les cinémas du monde !

L’AFI Fest de Los Angeles, organisé chaque année par l’American Film Institute, est un festival de cinéma qui a lieu depuis 28 ans chaque mois de novembre dans les salles de cinéma emblématiques de Hollywood Boulevard: au TLC Chinese Theatre (plus connu sous le nom de Grauman’s Theater) à l’Egyptian Theater (Cinémathèque Américaine) ou encore dans la prestigieuse salle du Dolby Theatre (anciennement Kodak Theatre où se déroule chaque année la cérémonie des Oscars).

Des films sur Hollywood Boulevard dans la Mecque du Cinema mondial avec 25 degrés en moyenne en plein de mois de novembre, si ce festival a tout pour faire rêver, il est en plus de cela gratuit! Comment fonctionne ce festival ? Tout simplement grâce au soutient de gros partenaires comme Audi ou à la participation de nombreux donateurs. Les billets pour chaque séance sont disponibles en ligne sur le site du festival où tout simplement à la billetterie du festival.

Ici, pendant une semaine, (cette année l’événement avait lieu du 6 au 13 novembre 2014) le cinéphile est invité à découvrir dans la ville mondiale du cinéma, le meilleur du cinéma mondial et principalement les pépites révélées à Sundance, Cannes, Toronto ou Venise.

L’Afi Fest, c’est environ chaque année 70 films, 150 personnalités présentes et 75 000 festivaliers dans les salles.

Festival pour tous, la programmation consiste en un éclectique mélange de rétrospectives ou d’avant-premières très attendues de films américains mais aussi internationaux ou indépendants, la plupart en présence d’auteurs et acteurs reconnus ou des réalisateurs de demain.

Cette année, le red carpet était haut de gamme et a vu défiler entre autres Joachin Phoenix et Paul Thomas Anderson (Inherent Vice) , Jessica Chastain (A Most Violent Year de J.C Chandor), les Frères Dardenne et Marion Cotillard (Deux jours, Une nuit), Steve Carell ou Clive Owen, Clint Eastwood (American Sniper) Xavier Dolan (Mommy), Tommy Lee Jones ou Hilary Swank (Homesman), Michael Keaton et Edward Norton (Birdman), Mark Wahlberg (The Gambler), Jake Gyllenhaal ou Julianne Moore et Kristen Stewart (Still Alice) …

Hommage à l’actrice Sophia Loren

Dans le cadre du festival, l’actrice italienne, Sophia Loren, âgée de 80 ans, a reçu un hommage pour l’ensemble de sa carrière.
Quelques jours auparavant, les festivaliers avaient (re)découvert l’icône italienne dans le film à sketches de Vittorio De Sica, Yesterday, Today And Tomorrow (Hier, Aujourd’hui et Demain), rare comédie du cinéaste italien (représentant du néoréalisme italien). Daté de 1963, ce film est resté célèbre pour la séquence de striptease qu’effectue Sophia Loren sous le regard médusé de Marcello Mastroianni. Le film, produit par Carlo Ponti (mari de Sophia Loren) est tout entier à la gloire de la féminité et sensualité de l’actrice italienne que ce soit en « mamma » dominatrice ou en prostituée voluptueuse et tentatrice.

Avant la séance du film Mariage à l’italienne de Vittorio De Sica (sorti il y a exactement 50 ans et récemment restauré par la cinémathèque de Bologne) pour lequel l’actrice avait reçu l’Oscar de la Meilleure actrice, Sophia Loren a répondu aux questions de Rob Marshall (le réalisateur qui l’a dirigée dans Nine) devant les 3400 spectateurs de l’impressionnant Dolby Theatre.

Rappellons-le, Sophia Loren est l’actrice italienne la plus célébrée dans le monde et elle est aussi la première actrice à avoir reçu un Oscar pour un rôle dans une autre langue que l’anglais. C’était pour Two woman (La Ciociara / La Paysanne aux pieds nus) de Vittorio De Sica en 1960.

Elle a commencé par honorer la mémoire de Marcello Mastroianni, son partenaire dans Mariage à l’italienne (mais aussi dans Yesterday, Today and Tomorrow) celui avec qui elle aura joué dans pas moins de 12 films.

Elle a également évoqué avec humour le souvenir de cette photo de 1957 devenue célèbre (la représentant, le regard en coin, aux côtés de Jayne Mansfield arborant un décolleté vertigineux) commentant: « I was afraid everything was gonna fall out! ».

Edoardo Ponti, fils de l’actrice, a également rendu hommage à sa célèbre mère et présenté Human Voice, son court métrage dans lequel il met en scène l’actrice, absente des écrans depuis 10 ans, précisant : « Elle m’a donné la vie, je lui devais bien un film « .
Basé sur la pièce de Jean Cocteau, La voix Humaine, ce court est un long monologue qui raconte l’histoire d’une femme au téléphone avec son amour parti pour une autre femme. Sophia Loren rêvait de ce rôle après avoir vu Anna Magnani dans le même rôle, celui qui lui a donné envie de devenir actrice…

Le cinéma français à Los Angeles

L’AFI Fest s’impose aussi comme étant une belle vitrine pour le cinema européen et en particulier français. Cette année, le cinéma français n’était pas en reste et était particulièrement bien représenté avec les films de Assayas (Sils Maria), Bonello (Saint Laurent), de Mia Hansen-Love (Eden) ou encore le second film de Melanie Laurent (Respire).

Melanie Laurent représente la France avec Respire.

Respire (Breathe) de Melanie Laurent (révélé à la Semaine de la Critique au dernier Festival de Cannes) est une histoire d’amitié toxique et vénéneuse entre deux lycéennes, l’une timide et réservée, l’autre manipulatrice et perverse. Il y est question de la cruauté de l’adolescence partagée entre la fascination et la haine, de perversion narcissique et d’un sujet tabou, celui du harcèlement, si fréquent dans les établissements scolaires.
Melanie Laurent parvient à trouver le ton juste pour traduire les relations psychologiques complexes des deux personnages (incarnés par les formidables Joséphine Japy et Lou De Laâge) et à créer un univers étrange et dérangeant dans un cadre ordinaire et banal.

American Sniper de Clint Eastwood, le film surprise du festival.

L’Afi Fest, c’est aussi des films surprises en avant-première. Cette année, le Festival a offert aux festivaliers en avant-première mondiale le prochain film de Clint Eastwood (en sa présence) American Sniper qui sortira en France le 25 février 2015.
Programmé le 11 novembre, jour du Veterans Day aux USA qui commémore la mémoire des anciens combattants, American Sniper est un biopic sur la vie de Chris Kyle, tireur d’élite redoutable pendant la Guerre d’Irak.
Le film est une adaptation de l’autobiographie du navy seal parue en 2012 de celui qui était surnommé « Al-Shaitan » (Le Diable) par ceux qu’il traquait et « La Légende  » par ses frères d’armes.
Malgré une vision inédite de la guerre moderne et les opérations menées, on regrettera que le film reste dans l’ensemble plutôt classique dans son approche et tombe dans les écueils habituels du genre (la famille , l’église, le patriotisme).
Projet initial de la Warner qui le proposa d’abord à Steven Spielberg (qui refusa), American Sniper est finalement réalisé par Eastwood qui, après deux films sur la Seconde Guerre mondiale et deux autres sur les vétérans, évoque à nouveau l’histoire des Etats-Unis. Si Eastwood a signé certains des plus beaux biopics du 7eme art (de Bird, à Invictus ou J.Edgar) malheureusement, ici il manque sa cible faisant de son 35ème film un simple film de commande sans plus.
A noter toutefois la superbe performance de Bradley Cooper (également coproducteur du film) dans un rôle très éloigné de la saga Very Bad Trip qui a pris 20 kilos de muscles et suivi un entraînement intensif afin de rentrer dans la peau du tireur d’élite. En lice pour les Oscars?

On dit d’ailleurs que L’AFI Festival donne souvent la tendance des prochains Oscars à travers sa programmation toujours riche, variée et de qualité mais qu’importent les prix ou le lieu (car avouons-le, voir des films sur Hollywood Boulevard ça a de la gueule !)  l’essentiel , les bons films, était bien au rendez – vous des cinéphiles amoureux des films du monde entier!

AFI FEST
American Film Institute
2021 North Western Avenue
Los Angeles
Email: information@AFI.com

Plus d’infos sur le site de l’AFI

 

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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