Tous les soleils

« Alessandro est un professeur italien de musique baroque qui vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans et son frère Luigi, un gentil fou anarchiste qui ne cesse de demander le statut de réfugié politique depuis que Berlusconi est au pouvoir. Parfois, Alessandro a l’impression d’avoir deux adolescents à élever, alors qu’il ne se rend même pas compte qu’il est lui-même démuni face à l’existence. Voulant être un père modèle, il en a oublié de reconstruire sa vie amoureuse. Mais sa fille grandit et il va devoir s’y faire… »
 
Tous les soleils nous montre la beauté de Strasbourg au printemps à travers une comédie fraiche et sympathique : de bonnes répliques et une alternance entre les situations cocasses, sérieuses et pathétiques (stricto sensu) jouées par des personnages relativement bien développés.
Le déséquilibre flagrant entre la psychologie des deux frères nous semble toutefois légèrement trop accentué. Alessandro, le protagoniste du film, est un tantinet trop stéréotypé, trop « papa poule » mais aussi vivant trop dans le passé pour finir par être un homme trop « matérialiste ». Tous ces « trop » se mélangent et donnent un cocktail parfois un peu suret et manquant de réalisme. Tout ça pour changer presque subitement, après avoir renié plusieurs fois en bloc les conseils et explications de ses diverses connaissances… Mouais (comme dirait l’autre). Quant à Luigi, le frère révolutionnaire, il est allumé, porte son pijama constamment, refuse de sortir de l’appartement et de vendre ses tableaux alors qu’on lui en offre une fortune mais il a une consistance qu’Alessandro semble avoir perdu avec la naissance de sa fille et de sa responsabilité de père célibataire.
De ce fait, Luigi est clairement le pillier du film, celui qui fait qu’on n’est pas devant encore une autre comédie familiale niaiseuse relatant les conflits enfants-parents pour décompresser les deux partis en leur montrant que c’est la même chose partout et que, oui, c’est normal s’ils se tapent dessus à longueur de journée et que, non, ça ne veut pas dire qu’ils ne s’aiment pas (ouf!). Un engagement politique et moral, une légère réflexion sur le monde (le capitalisme, la démocratie, tout ça), sans pour autant en faire un film engagé et indigeste (pour éviter tout quiproquo veuillez noter que nous n’avons jamais au grand jamais sous-entendu que les films engagés sont par nature indigestes) et voilà qui donne une dimension plus intéressante à ce produit cinématographique!
Enfin, vous ne serez plus étonnés que je me plaigne de la fin. Toujours cette satanée ouverture, alternative au happy end dans toute sa splendeur, qui le laisse planer comme un aigle rodant autour de sa proie. Mais  surtout – surtoutune image finale des plus mièvres qui soient, cassant irrémédiablement la naturelle délicatesse du film, pour laquelle un mot suffit: Beurk.
Dommage!
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