Trois vieilles

« C’est l’histoire de Garga, vieille servante centenaire, et de deux jumelles de 88 ans, Grazia et Meliza, aristocrates déchues et décrépies qui rêvent encore au prince charmant. Elles sont acariâtres et, si l’on en croit leurs dires, toujours vierges. Et elles tentent, de façon grotesque, de sauver les apparences. Farce onirique et décapante avec marionnettes à taille humaine, le spectacle oscille entre fiction et réalité. Un univers poétique, mythique et populaire, baignant dans un climat déjanté et grand-guignolesque. »

 
Quelles vieilles! Au niveau déchéance (physique, mentale, sociale et j’en passe), c’est indéniable, nous sommes très bien servis (burp). Scandaleuses sont ces femmes, plus toutes jeunes en effet, vivant dans une monde illusoire, mélange empoisonné entre vérité refoulée et préservatif… euh… préservation, pardon, des apparences.
Impossible de se tromper, Trois vieilles est bien la petite soeur de L’école des ventriloques. Alejandro Jodowsky est marqué au fer rouge sur le front de ces trois personnes d’un certain âge (ou d’un âge certain, c’est selon, mais le tout est de rester respectueux, n’est-ce pas?) qui nous offre un ballet macabre et lubrique balançant entre leur éducation de jeunes filles « comme il faut »,  leurs expériences traumatisantes et leur désir profond, naturel mais plus que désespéré. Mais au delà de leur psychologie profondément complexe, il y a aussi des considérations bassement matérielles: sans le sous, elles survivent tant bien que mal jusqu’au jour où il n’y a vraiment plus rien à manger… Et si elles ne vendent pas leur âme au diable, à qui alors?
Offrant une double thématique oxymorique à la conclusion propagandiste, Trois vieilles nous incite indubitablement à réfléchir. Et sur pas mal de choses. En outre, la mise en scène est toujours aussi originale et les acteurs tout aussi performants. Toutefois… Un vide, cette fois-ci, non ressenti lors de L’école des ventriloques, nous a curieusement assailli. Un vide, curieusement accompagné d’une sensation de prodigalité et d’exagération, empêchant certains spectateurs de (re)plonger pleinement dans cet univers  déjanté et grand-guignolesque…
Du 17 au 28/05/2011 à la Balsamine

de Alejandro Jodorowsky

Mise en scène: Jean-Michel d’Hoop

Avec: Cyril Briant, Sébastien Chollet, Pierre Jacqmin, Coralie Vanderlinden

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