Le TTIP plaît-il ? Négociateur ou citoyen, on ne voit pas les choses du même œil !

Le TTIP, grand sujet politique de l’année en cours…

L’année 2016 s’est écoulée aux deux tiers… et déjà, un tas d’événements citoyens l’ont remplie jusqu’à aujourd’hui. Sur le plan strictement politique, on a pu voir se dégager deux points forts d’opposition dans l’opinion publique : la Loi Peeters, du nom de son initiateur, dite aussi « Loi des 45 heures » et le TTIP. L’un davantage porté par le monde syndical, l’autre plutôt par la société civile et diverses associations citoyennes belges et européennes.

Le TTIP, c’est le Transatlantic Trade and Investment Partnership (le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement). C’est à avec lui que sera instituée la grande zone de libre-échange entre les États-Unis et l’Union Européenne. Il est le prolongement du CETA : le traité de libre-échange Europe-Canada dont la signature est prévue pour le 27 octobre prochain.

Néanmoins, pendant longtemps, et pour une frange non négligeable de la population, le TTIP est resté un concept flou aux conséquences difficilement mesurables au quotidien. L’opposition au traité s’est élargie à l’opinion publique à travers un rapport de Greenpeace pointant du doigt les menaces qu’il allait permettre une fois mis en œuvre.

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Les opposants… Qui sont-ils et pourquoi luttent-ils contre le TTIP ?

Parmi les rangs de l’opposition, il y a surtout des citoyens qui se revendiquent comme tels. Ils sont les plus nombreux dans ces rangs. Mais par voie de conséquence, étant donné que ceux-ci sont souvent membres d’une association, d’un collectif ou d’un mouvement, on trouve donc également des structures formalisées parmi l’opposition.

Et ce spectre est large ! Ainsi, ont rejoint la lutte contre le traité transatlantique des partis politiques (ECOLO, GROEN, PS, SP.A, PTB-PVDA), des syndicats (CGSP, FGTB,CSC), des mouvements organisés formels (MOC) ou informels (Tout Autre Chose/Hart Boven Hard), des mutualités, des associations (Agir Pour la Paix, CNCD, CNAPD, notamment), des collectifs et des plateformes citoyennes comme les 136 jours ou Nuit Debout. Ces différentes structures se sont regroupées en Belgique  sous la bannière « TTIP Game Over » et ensemble organisent la désobéissance civile pour ce qu’ils estiment être un danger pour l’environnement, la démocratie, les libertés individuelles et les droits sociaux.

Au vu de l’approche de sa signature, le moment semble décisif pour la lutte contre ces traités. Et pour toutes ces structures, contrairement à ce que révèle la Commission Européenne, il ne s’agit pas d’un moyen efficace pour relancer la croissance, réduire les formalités administratives et faciliter les exportations en les rendant plus équitables… au contraire !

En fait, elles perçoivent cela d’une toute autre façon… et font confiance au « CEO », le Corporate Europe Observatory, un organisme destiné à observer le comportement des lobbies et à les dénoncer publiquement. Pour le CEO, le TTIP permettra d’offrir un boulevard plus large à ces lobbies de grands groupes d’entreprises déjà installés dans la capitale belge et d’appliquer des normes servant leurs intérêts au détriment de l’environnement, de la santé (via l’abaissement des standards en matière agro-alimentaire), des droits sociaux citoyens voire des libertés individuelles. Le CEO a pris en charge, via certains de ses membres, le relais de l’information concernant l’avancement des Traités Transatlantiques (CETA, TTIP, TISA) auprès des associations et collectifs regroupés sous la bannière TTIP Game Over, entre autres les lieux et jours de rendez-vous de négociations. Son rôle est donc central.

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La concrétisation de l’opposition

Un grand nombre de « Zones hors TTIP » se sont déclarées ces derniers mois et même ces dernières années. En Belgique et en Europe, un grand nombre de communes et de municipalités se sont déclarées comme tel et refusé l’application dudit traité sur leur sol respectif. Des festivals également comme Esperanzah ou dans le domaine du virtuel, certaines personnes ont affiché leur page personnelle opposée au TTIP en modifiant leur photo de profil.

Courant juillet ont été orchestrés par plusieurs groupes d’affinité de TTIP Game Over des actions de tous types, et pour tous les tempéraments. On a vu entre autres une manifestation de casseroles sous le sigle Make Some Noise pour perturber des discussions de lobbyistes et de représentants politiques au Centre Borschette… centre qui, deux jours plus tard, s’est vu bloquer d’accès par des citoyens militants afin d’empêcher ces mêmes négociateurs de discuter à l’abri des regards comme ils l’avaient prévu et de dévoiler leur réunion à travers la presse présente sur place.

Les amis de la Terre, eux, ont de leur côté incité les automobilistes à klaxonner pour signifier leur désaccord face au TTIP… et ce fut une réussite. Pour conclure ce premier round d’actions, un lobby tour fut organisé, dans l’optique d’informer les citoyens sur l’existence des lobbies autour du rond-point Schuman et leurs ramifications parfois insoupçonnées au sein de l’Union Européenne et ses institutions.

L’agenda

La prochaine date est la  Journée STOP-TTIP fixée au 20 septembre à Bruxelles. Une manifestation s’y déroulera en compagnie de délégations wallonnes, flamandes et internationales, ainsi qu’un flashmob et des activités culturelles puis une Nuit Debout pour terminer. Les plus pugnaces d’entre les contestataires et les manifestants passeront donc la nuit entière et attendront comme il se doit – et certainement pas en silence ! – les négociateurs du lendemain… Sans aucun doute, cela sera un des événements les plus marquants de l’année dans la lutte contre le TTIP.

Le round 2 des TTIP Game Over suivra fin octobre début novembre !

Alors certes, la signature du CETA et du TTIP se rapprochent chaque jour… mais la mobilisation citoyenne s’intensifie et grossit tout autant ! Et ça, ça compte !

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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