Un fil à la patte

Fernand de Bois d’Enghien est venu déjeuner chez sa maîtresse, la chanteuse Lucette Gautier, avec la ferme intention de rompre: Il va en effet se marier avec une autre… Mais l’annonce de son mariage est déjà passée dans le Figaro: il doit à tout prix en empêcher la lecture à tous les amis réunis chez Lucette ! L’histoire se complique quand la mère de sa fiancée débarque et engage Lucette à venir chanter chez elle…pour les fiançailles de Fernand avec sa fille ! Vous voyez le genre ?… Pauvre Fernand, couard, menteur, hypocrite, superficiel, mais tellement charmant, qui se retrouve cul par-dessus tête, complètement dépassé par les évènements, les femmes, les importuns…

 
On nous avait mis la puce à l’oreille mais un fâcheux imprévu avait retardé nos retrouvailles. Cette fois-ci nous avons pris les devants en assistant à l’avant-première (et bien oui, on est comme ça, nous)!
Mettre en scène Feydeau est une tâche au moins aussi simple que complexe. Monter Feydeau n’est d’ailleurs pas nécessaire pour l’apprécier. Et encore moins pour en rire à gorge déployée. Le texte lui-même se suffit. A sa lecture, le génie Georgien dans toute sa splendeur, dans toute sa puissance, a tôt fait de nous emporter dans un monde tellement lointain – quoiqu’en même temps si proche – et pourtant si semblable au nôtre tout en restant follement désuet. C’est frais, c’est drôle, c’est touchant, c’est alambiqué mais c’est si bête, finalement. Ainsi, le texte seul est un chef-d’oeuvre. Voilà ce qui rend probablement la tâche du metteur en scène risiblement aisée et probablement tout aussi épineuse… Pas question d’être en deçà! Un défi de taille, en somme…
Au sortir du Public, il nous semble que nous pouvons remercier chaleureusement Michel Kacenelenbogen et ses acteurs qui ont donné (une nouvelle fois) vie à cette pièce déjà bondissante de sève avec brio. Car la réussite de la pièce provient certainement de ce subtil mélange: un auteur de génie, des comédiens professionnels sachant offrir à leur public un personnage entier à la diction – presque – parfaite et rattrapant leurs cafouillages sans rougir et un metteur en scène passionné, original et au goût sûr. De quoi définitivement donner le tournis si vous n’êtes pas déjà nauséeux face au décor peu commun qui nous est offert.
Je ne vous dis rien de plus, de peur de vous gâcher le plaisir, mais vous exhorte à ne pas rater cette pièce aux légers airs de comédie musicale, car le temps, guilleret et chaleureux, s’y prête bien. Idéal pour chantonner en profitant d’une légère brise, n’est-il pas?
Du 10/05 au 25/06/2011 au Théâtre Le Public

de Feydeau
Mise en scène: Michel Kacenelenbogen
Avec Muriel Cocquet, Christelle Cornil, Isabelle Defossé, Beatrix Férauge, Thierry Janssen, Sandrine Laroche, Olivier Massart, Fred Nyssen, Guy Pion, Réal Siellez, François Sikivie, …
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